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DÉFINITION 

> prendre
(verbe transitif)
Saisir.
Emmener.
Attraper.
Avaler: prendre un médicament.
Se donner, s'octroyer: prendre des vacances.
Dérober.
Surprendre: prendre sur le fait.
Contracter: prendre un rhume.
Se servir de, utiliser: prendre le métro.
Manger, boire: prendre son déjeuner.
Demander, exiger: il prend trop cher.
Recevoir: prendre quelqu'un, prendre un coup.
Traiter, agir avec: prendre un enfant par la douceur.
Prendre pour: considérer comme.
[v.i.] S'enraciner, pousser: une plante qui a pris.
S'épaissir, se glacer.
Faire son effet.
Se prendre: s'accrocher: se prendre aux épines.
Se prendre pour: se croire.
S'en prendre à quelqu'un: le rendre responsable.
S'y prendre: employer un moyen.

Difficultés orthographiques :
prendre en main.
prendre au mot.
prendre parti pour.
prendre à partie.
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gadget vista Dictionnaire de l'Académie française (8e édition)
> PRENDRE
(Je prends, tu prends, il prend; nous prenons, vous prenez, ils prennent. Je prenais. Je pris. Je prendrai. Je prendrais. Prends. Prenez. Que je prenne. Que je prisse. Pris.) v. tr.
Saisir, mettre en sa main. Prendre un livre. Prendre une épée. Prendre une pierre. Prendre une plume. Prendre un bâton. Prendre la main, le bras, l'oreille à quelqu'un. Prendre quelqu'un par la main. Prendre un cheval par la bride.

Prendre les armes, S'armer, soit pour combattre, soit. pour faire l'exercice, ou pour rendre des honneurs militaires à quelqu'un. Les soldats ont eu ordre de prendre les armes.

On ne sait par où le prendre, se dit d'un Malade dont tout le corps est douloureux; et, figurément, d'un Homme très susceptible, très irritable. On le dit encore figurément et dans un sens opposé, en parlant d'un Homme qui ne paraît sensible à rien, touché de rien.

Prendre d'une chose à pleine main, En prendre à poignée autant que la main peut en contenir.

Fig., Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, se dit des Gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s'enrichir.

Fig., Prendre une affaire en main, S'en charger pour la diriger, pour la conduire. On dit à peu près de même dans le style soutenu : Prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc.

Fig., Prendre en main le droit, les intérêts de quelqu'un, Soutenir ses droits, ses intérêts. Aux jeux de Paume et de Tennis, Prendre la balle de volée, à la volée, La relancer sans qu'elle ait touché terre. Prendre la balle au bond, La relancer alors qu'ayant touché terre elle rebondit.

Fig., Prendre la balle au bond, Saisir vivement et à propos une occasion favorable. On dit aussi figurément Prendre l'occasion aux cheveux.

Fig. et fam., Prendre la clef des champs, S'en aller, s'évader, s'enfuir. On dit familièrement, dans le même sens : Prendre la poudre d'escampette.

Fig. et fam., Prendre le taureau par les cornes, Aborder de front une difficulté, ne pas biaiser.

Fig. et ironiquement, Il semble qu'il n'y ait qu'à se baisser et à prendre, se dit d'une Chose qui paraît aisée et qui ne l'est point.

PRENDRE signifie aussi Saisir une chose, l'enlever, la tirer à soi autrement qu'avec la main. Prendre quelqu'un dans ses bras. Prendre quelque chose avec les dents. Prendre du feu sur une pelle. Prendre de l'encre avec une plume.

Par exagération, il n'est pas à prendre avec des pincettes, Il est extrêmement sale. Il signifie aussi figurément : Il est d'humeur très désagréable.

Fig. et fam., C'est vouloir prendre la lune avec les dents, C'est vouloir faire une chose impossible.

Fig. et fam., Prendre ses jambes à son cou, Se sauver précipitamment.

PRENDRE se dit aussi des Animaux qui saisissent les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc. Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu'il veut prendre ensuite avec son bec.

Prendre le mors aux dents. Voyez MORS.

PRENDRE se dit en parlant des Habits, des vêtements, et signifie Mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un vêtement bien léger. Il a pris des gants fourrés. Il a pris son habit de cérémonie.

Prendre le deuil, S'habiller de noir à l'occasion de la mort de quelque personne. Prendre l'habit de religieux, de religieuse ou simplement Prendre l'habit, Entrer au noviciat, dans un monastère. Prendre le voile se dit, dans le même sens, des Religieuses.

Fam., Prendre le froc, Prendre la robe, Se faire moine. Prendre le petit collet, Entrer dans l'état ecclésiastique. Prendre le bonnet, Se faire recevoir docteur. Prendre la haire, Embrasser une vie pénitente. Prendre la livrée, Se faire laquais. Ces locutions vieillissent.

Prendre la perruque ou Prendre perruque, Commencer à porter perruque.

PRENDRE signifie aussi Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne, son épée, son chapeau. Il a pris son fusil et il est allé à la chasse.

Il signifie aussi Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il possède, le lui dérober. On lui a pris sa bourse, sa montre, tout ce qu'il possédait. Ils lui ont pris jusqu'à sa chemise.

Il se dit aussi des Animaux. Ce chien a pris un poulet sur la table.

PRENDRE signifie aussi S'emparer, se saisir par force d'une chose ou d'une personne. Il a pris l'arme de son adversaire. Prendre quelqu'un au collet, à la gorge, par le bras, à bras- le-corps. Il voulait résister, on l'a pris de force.

Prendre de force ou par force une fille, une femme, Attenter par violence à son honneur.

En termes de Jeu, Prendre une carte, Faire la levée. Je prends votre dame avec mon roi. Absolument, Je prends et je joue.

PRENDRE se dit aussi des Levées d'hommes. Il a été pris pour le service militaire.

Dieu l'a pris se dit de Quelqu'un qui est mort.

PRENDRE signifie aussi Arrêter quelqu'un pour le conduire en prison. Ce voleur s'est enfin laissé prendre. La gendarmerie a déjà pris deux de ces bandits.

Prov. et fig., Sitôt pris, sitôt pendu. Voyez PENDRE.

PRENDRE se dit aussi en parlant de Ceux que l'on fait prisonniers à la guerre on du Butin de guerre. On a pris à l'ennemi quinze cents hommes, deux drapeaux, dix canons.

Fig. et fam., C'est autant de pris sur l'ennemi, C'est toujours avoir obtenu quelque avantage, avoir tiré quelque parti d'une mauvaise affaire. On dit de même absolument : C'est toujours autant de pris.

PRENDRE se dit encore en parlant des Places dont en se rend maître par la force des armes ou autrement. Prendre une ville, une forteresse. On a pris cette ville d'assaut. Cette place a été prise de vive force, et cette autre par la famine.

Il signifie aussi Attraper à la chasse ou à la pêche. Prendre un sanglier. Nous avons chassé tout le jour sans rien prendre. Prendre des oiseaux à la pipée, au trébuchet. Prendre des loups, des renards au piège. Prendre un lièvre au gîte. Cet oiseau s'est laissé prendre à la main. On a pris beaucoup de poisson. Nous avons pris tant de carpes d'un coup de filet. Prendre un poisson à la ligne, à l'hameçon.

Il se dit aussi des Animaux qui en poursuivent d'autres et les saisissent. Mon chien a pris deux lièvres. Ses chiens n'ont rien pris de la journée.

Fig. et fam., Se laisser prendre au piège, à l'hameçon, Se laisser tromper. On dit dans le même sens : Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur.

Fig. et fam., Cette femme l'a pris dans ses filets, Cette femme l'a séduit, s'est rendue maîtresse de son esprit, de son coeur.

Fig. et fam., Prendre quelqu'un au trébuchet, L'engager par adresse, par de belles apparences, à faire une chose qui lui est désavantageuse, ou qui est contraire à ce qu'il avait résolu. Il est vieux.

Prov., On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, On ne gagne pas les gens en les rudoyant.

PRENDRE signifie figurément S'emparer de quelqu'un, gagner quelqu'un en s'attaquant à son esprit, à son coeur, à ses sens. Il le prit par les sentiments. Elle le prit par les yeux. Il le prit par son propre intérêt.

Prendre quelqu'un par son faible, Toucher, flatter son inclination favorite.

Savoir prendre quelqu'un, Connaître les moyens par lesquels on peut agir sur lui. Quand on sait le prendre, on en fait tout ce que l'on veut.

PRENDRE signifie aussi Surprendre. Je l'ai pris à voler des fruits dans votre jardin. Prendre quelqu'un au dépourvu. Je vous y prends. On vous y prend. Il promit qu'on ne l'y prendrait plus. Tout le monde y aurait été pris.

Prendre quelqu'un sur le fait, Le surprendre dans le temps même où il fait une action qu'il voulait cacher. On dit dans le même sens Prendre quelqu'un en flagrant délit.

Prendre quelqu'un en faute, Le surprendre au moment où il commet une faute.

Fig., Prendre quelqu'un la main dans le sac, Le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque infidélité en affaire d'intérêt, en sorte qu'il ne puisse nier sa culpabilité.

Fig. et fam., Prendre quelqu'un sans vert, Le prendre au dépourvu. Voyez VERT.

Fig., Prendre quelqu'un au pied levé, Vouloir l'obliger à faire quelque chose sur-le-champ.

Il signifie aussi Lui poser une question inattendue, sans lui donner le temps de se reconnaître.

Fam., Prendre quelqu'un au saut du lit, L'aller trouver dès le matin, afin de ne pas le manquer.

L'orage, la pluie nous prit en chemin, Nous surprit en chemin.

La fièvre l'a pris tel jour, Tel jour il a été atteint de la fièvre, il a commencé d'avoir la fièvre. On dit de même L'accès le prit à telle heure. On dit de même La frayeur, la colère, l'ennui, l'enthousiasme, etc., le prit.

PRENDRE signifie aussi Attaquer, aborder. Prendre une armée de flanc. Prendre son ennemi par derrière. Prendre quelqu'un en traître, en trahison.

Il se dit aussi en parlant des Aliments, des boissons, des médicaments solides ou liquides, et signifie Manger, boire, avaler, absorber. Prendre deux repas par jour. Prendre des aliments. Prendre un bouillon, un verre de vin. Je n'ai rien pris de la journée. Ne sortez pas sans avoir pris quelque chose. Prendre un médicament. Prendre médecine. Prendre de la tisane, une tasse de thé.

Prendre du poison, S'empoisonner.

PRENDRE se dit aussi en parlant de Certaines choses autres que les aliments ou les boissons, et dont on fait usage pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un lavement. Prendre un bain, une douche, un tub.

Prendre l'air, Sortir d'un lieu où l'on était enfermé pour aller dans un endroit découvert; et, par extension, Sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne. Il signifie, figurément et familièrement, S'évader. On voulut l'arrêter, mais il avait pris l'air.

Prendre le frais, Respirer la fraîcheur de l'air.

Prendre du repos, Cesser de travailler, d'agir, se reposer.

Dans les Maisons religieuses, Prendre la discipline, Se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Maladies dont on est atteint par contagion. Il a pris la peste, la fièvre jaune, le typhus. C'est d'un tel qu'il a pris la grippe.

Il se dit aussi de Certaines conditions du corps. Il prend de l'embonpoint. Il prend du ventre. Prendre des forces.

Prendre chair, S'incarner.

Prendre de l'âge, Avancer en âge, vieillir. On dit, en parlant des Chevaux qui entrent dans leur quatrième, dans leur cinquième année Ce cheval prend quatre ans, cinq ans.

Prendre une posture, une attitude, Placer son corps d'une certaine manière. Il prit une attitude imposante. Vous avez pris une posture bien gênante.

En parlant d'un Cheval, Prendre le trot, le galop, Se mettre à trotter, à galoper. Ce cheval a pris le galop tout à coup.

Prendre son élan, Se donner un certain mouvement du corps en courant, pour s'élancer ensuite avec plus de force. Il a sauté le fossé sans prendre son élan.

Fig., Prendre son vol, son essor, se dit de Quelqu'un qui commence à faire carrière, à réussir.

PRENDRE signifie aussi Contracter, adopter. Il prend de mauvaises habitudes. Il a pris un ton insupportable, des manières ridicules, des airs impertinents. Il prit un ton sévère, un air sévère pour lui parler. Prendre un goût, une odeur, une couleur, une consistance.

Fam., Cet homme prend des airs, prend de certains airs, Il affecte des manières, un ton qui ne lui conviennent point.

Cette affaire prend un bon tour, un mauvais tour, Au cours qu'elle prend, il y a lieu de présumer qu'elle réussira, qu'elle ne réussira pas. On dit plutôt aujourd'hui : Cela prend une bonne, une mauvaise tournure.

Prendre la fuite, S'enfuir.

Prendre de l'avance, Gagner du terrain. Il signifie figurément Arriver à être en avance dans son travail.

Prendre la liberté de faire une chose, Prendre sur soi de la faire. Il s'emploie ordinairement par civilité. J'ai pris la liberté de vous écrire.

Prendre des libertés, Agir trop librement, peu décemment avec quelqu'un. Il prend avec vous d'étranges libertés. Il se dit particulièrement d'Actions, de gestes trop libres auprès des femmes. On dit de même : Prendre des licences, des privautés.

Ce vêtement, cette étoffe a pris son pli, Les plis qui y sont y demeureront toujours.

Fig., Cet homme a pris son pli, Il a contracté des habitudes difficiles à détruire, il est incorrigible. Ce jeune homme a pris un bon pli, un mauvais pli; Il est déjà tout formé aux habitudes du bien ou du mal.

Prendre le sel se dit en parlant des Viandes qu'on sale et signifie Se pénétrer de sel. La viande prend mieux le sel quand elle est fraîche.

Prendre l'eau, S'imprégner d'eau. Ces souliers prennent l'eau. Son bateau prend l'eau.

PRENDRE se dit encore en parlant de Titres, de qualités, de noms, que l'on se donne, que l'on emploie en parlant de soi. Il prit le titre de comte. Il prit un nom qui ne lui appartenait pas.

PRENDRE signifie aussi Acquérir, acheter. Je prendrai tout à six francs pièce. Vous en demandez trop cher : je ne le prendrai pas. Je lui ai pris en bloc, en gros toute sa marchandise. Si vous voulez me donner ce drap à tel prix, j'en prendrai dix pièces. Absolument, C'est à prendre ou à laisser.

Il se dit aussi en parlant du Prix qu'on demande, qu'on perçoit pour quelque chose que ce soit. Ce marchand prend vingt francs du mètre de ce drap. On m'a pris mille francs pour ce travail. Il n'a rien voulu prendre pour sa peine. On prend tant de droit d'entrée sur cette denrée. On prend tant sur chaque barrique de vin, pour chaque boeuf.

Il signifie encore Recevoir, accepter. Rien n'avait été convenu entre nous : il a pris ce que je lui ai donné. Prenez ceci à compte sur ce qui vous revient. Ce train prend des voyageurs de toutes classes.

Prendre les choses comme elles viennent, Les recevoir avec indifférence, sans se mettre en peine des suites qu'elles peuvent avoir. Prendre les hommes comme ils sont, S'en accommoder, quelle que soit leur humeur, leur caractère. Prendre le temps comme il vient, Ne s'inquiéter de rien, s'accommoder à tous les événements.

Prendre légèrement quelque chose, S'en accommoder sans y attacher grande importance.

Prendre des leçons, Recevoir des leçons. Il prend aujourd'hui sa première leçon de philosophie.

Prendre l'ordre, Recevoir l'ordre de celui qui doit le donner. On dit plutôt dans le même sens : Prendre les ordres de quelqu'un.

PRENDRE signifie aussi Emprunter, tirer de. il a pris cela dans Cicéron, dans Virgile. Il a pris l'idée de cette tragédie dans un vieux roman. C'est un mot que nous avons pris du latin. Cette ville a pris son nom du fleuve qui la traverse.

Fam., Où avez-vous pris cela? Qui vous a dit cette nouvelle? qui vous fait avoir cette pensée? On dit de même : Où avez-vous pris que le voulais, que je voulusse vendre ma maison? Où va-t-il prendre tout ce qu'il dit?

PRENDRE se dit aussi en parlant des Personnes que l'on engage, ou avec lesquelles on s'engage, sous certaines conditions. Prendre un domestique, une femme de chambre, une cuisinière, un chauffeur, etc. Prendre un ouvrier, des ouvriers à la tâche, à la journée. Prendre un garçon de magasin, un employé. Prendre un précepteur, une gouvernante pour ses enfants. Prendre un apprenti. Prendre un associé.

Prendre une femme, Choisir une femme et l'épouser. Il a pris une femme dont on ne saurait dire trop de bien.

Prendre femme, Se marier. Il a pris femme à quarante ans.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Personnes que l'on va joindre en quelque endroit, pour se rendre ailleurs avec elles. J'irai vous prendre à deux heures précises. Il est venu me prendre pour aller au théâtre. Je vous prendrai en passant. Je vous ramènerai où je vous ai pris.

Il signifie aussi Emmener avec soi. Le capitaine prit trente hommes pour faire cette reconnaissance.

Il se dit encore en parlant des Personnes que l'on recueille, à qui on donne l'hospitalité. Je l'ai pris chez moi. Il eut la bonté de prendre chez lui toute cette famille.

PRENDRE signifie aussi Ôter, retirer, retrancher une partie d'un tout. Prendre dix mille francs sur une succession. On prendra cette somme, cette dépense sur tel fonds. Il a pris mille francs d'avance sur son traitement. J'ai pris la moitié, le quart de cette somme. Il a pris sa part de la récolte.

Fam., Il a pris sa bonne part de la fête, du plaisir, Il y a beaucoup participé, il s'est fort amusé.

Intransitivement, Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, sur son nécessaire, etc., Retrancher de sa nourriture, de sa dépense ordinaire, etc., pour subvenir à autre chose. Il prend sur son nécessaire pour donner aux pauvres. On dit de même : Prendre sur son sommeil pour travailler.

PRENDRE signifie aussi Se charger d'une chose, entrer en possession, en jouissance d'une chose à certaines conditions. Prendre une somme en dépôt. Prendre des terres à terme. Prendre un logement, un appartement à loger, ou simplement, Prendre un logement, un appartement. J'ai pris une chambre, un pied-à-terre dans cette maison.

Prendre une affaire à ses risques et périls, S'en charger pour son compte, sans garantie, et en risquant même d'y perdre.

Prendre une affaire à forfait, S'en charger pour un prix convenu, qu'il y ait de la perte ou du gain.

Prendre un ouvrage à la tâche, S'en charger à raison de tant pour tel ou tel travail, pour telle ou telle quantité.

Prendre une somme à intérêt, L'emprunter à condition d'en payer les intérêts.

Prendre un intérêt dans une affaire, dans une entreprise, Contribuer de ses fonds à une affaire, à une entreprise dont on partagera le profit ou la perte.

Prendre quelqu'un sous sa protection, Se charger de le protéger, de le défendre.

Prendre un engagement, Contracter un engagement.

Prendre quelque chose sur soi, En répondre, s'en charger; Faire quelque chose de son chef, sans y être autorisé. Cela passe un peu mes pouvoirs, mais je le prends sur moi. Ne vous inquiétez pas, je prends cela sur moi, je prends tout sur moi. Je prends sur moi de le faire. Je prends sur moi la faute, J'en accepte la responsabilité.

Prendre sur soi signifie aussi, intransitivement, Se retenir, se faire violence, se contraindre. J'ai pris sur moi pour ne pas lui répondre. Cet homme était d'un caractère emporté, il a compris la nécessité de prendre sur lui.

Prendre trop sur soi, Se surcharger, vouloir faire plus qu'on ne peut.

En termes militaires, Prendre ses quartiers d'hiver, S'établir dans ses quartiers d'hiver. Il se dit aussi de Quelqu'un qui s'installe dans l'endroit où il compte passer l'hiver.

PRENDRE signifie aussi Choisir, préférer, adopter de préférence, se décider pour. Je ne veux point de cette étoffe, je prends celle-ci. Je ne sais quel livre prendre. Vous avez à choisir, que prendrez-vous? Il faut prendre du plus beau bois pour faire ce meuble. Il a pris là un métier fort rude. Vous prenez le bon parti, le bon moyen.

Prendre le haut bout, Choisir la place la plus honorable.

Prendre des mesures, prendre ses mesures, Employer des moyens pour faire réussir une chose. Cet homme a réussi dans son dessein, il avait bien pris ses mesures. Prendre de bonnes, de justes mesures. Prendre de fausses mesures.

Prendre ses précautions, ses sûretés, Prendre les moyens nécessaires pour ne pas tomber dans un danger, pour ne pas éprouver un dommage.

Prendre une résolution, une détermination, Se résoudre, se décider à quelque chose. On dit dans le même sens Prendre un parti.

Prendre son parti, Se résoudre, se décider, choisir un moyen, un expédient dans une affaire difficile et douteuse. Il est quelquefois nécessaire de prendre son parti sur-le-champ. Il signifie aussi Prendre son extrême et dernière résolution. Il est inutile de lui parler davantage de cette affaire, il a pris son parti.

Prendre son parti, en prendre son parti, Se résigner à ce qui doit arriver. Voyant qu'il ne pouvait pas guérir, il prit son parti et se disposa à la mort.

Prendre les ordres, Entrer dans les ordres.

Prendre jour, prendre date, Choisir un jour, une date. Nous avons pris jour pour régler cette affaire.

PRENDRE se dit particulièrement de Ceux qui voyagent, qui cheminent, et signifie Choisir une route, un chemin, s'y mettre en marche. Vous avez pris la route la plus longue, la plus courte. Prendre la voie de terre. Prenez ce chemin, cette rue, ce sentier. Il a pris le chemin de l'église. Prenez la première rue, la seconde rue à droite, à gauche.

Prendre la file, Suivre la file.

Prendre le plus long ou le plus court ou, intransitivement, Prendre par le plus long ou par le plus court, S'engager dans le chemin le plus long ou le plus court.

Prendre sa droite, sa gauche, Se porter sur le côté de la route que l'on a à sa droite, à sa gauche.

Intransitivement, Prendre à droite, à gauche, Entrer dans le chemin qui est à droite, à gauche. Prenez par ici, par là, Allez par ce chemin-ci, par ce chemin-là.

Intransitivement, Prendre à travers champs à travers les terres labourées, Aller directement, sans suivre de chemin frayé.

Prendre le chemin de fer, prendre le train, Prendre le paquebot, Aller par le chemin de fer, par le train, par le paquebot. On dit dans le même sens : Prendre un cheval, une voiture, un bateau, une automobile, un avion.

Fig., Prendre la bonne voie, la mauvaise voie, Se porter au bien, se porter au mal. Il signifie aussi Se servir de bons ou de mauvais moyens pour faire réussir quelque affaire. Il a pris une bonne voie, une mauvaise voie pour parvenir à son but. On dit dans le même sens : Prendre les voies de la douceur, de la rigueur, etc. La voie que vous prenez n'est pas bonne, n'est pas honnête.

Fig., Prendre le chemin de se ruiner, de faire fortune, Faire ce qu'il faut pour se ruiner, pour s'enrichir. Il veut faire fortune, il n'en prend pas le chemin.

Prendre les devants, prendre le devant, Partir avant quelqu'un; et, figurément, Le prévenir, le devancer, le gagner de vitesse dans une affaire.

Prendre le pas sur quelqu'un, Passer devant lui pour. le précéder. Prendre le pas s'emploie aussi figurément et signifie Passer avant. L'ambition a pris le pas sur ses autres passions.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Étoffes, pour marquer la Façon dont on les coupe, dont on les emploie. Le tailleur a mal pris cette étoffe. Prendre une étoffe de droit fil, de biais. Prendre une étoffe du bon, du mauvais côté, du bon, du mauvais biais. Il se dit aussi en parlant de Viandes que l'on découpe. Vous coupez mal ce morceau; vous n'avez pas pris le sens.

Fig., Prendre une affaire à contre-poil, La prendre dans un sens contraire à celui qui serait convenable.

Fig., Prendre bien, prendre mal une affaire, L'engager, la conduire bien ou mal. Il a mal pris son affaire, voici comme il fallait la prendre, L'affaire n'a pas réussi, parce qu'on ne l'a pas bien prise. On dit dans le même sens : Prendre une affaire du bon, du mauvais biais.

Fig., Prendre une chose du bon, du mauvais côté, La voir, la considérer, l'interpréter dans un sens favorable ou défavorable.

PRENDRE signifie, au figuré, Entendre, comprendre, concevoir, expliquer, interpréter, considérer d'une certaine manière. Les commentateurs prennent ce passage en des sens très opposés. Prendre une chose à contresens. Vous avez mal pris la chose. À bien prendre la chose, vous devez être plus content que fâché de cet arrangement. Il a bien pris ce qu'on lui a dit de votre part. Vous prenez mal mes paroles. Prendre une affaire à rebours, de travers. Ce mot se prend dans telle signification. Cet adjectif se prend quelquefois substantivement.

Prendre quelque chose en bonne part, en mauvaise part, En être content ou mécontent, recevoir bien ou mal ce qu'on nous dit, ce qu'on nous fait, le trouver bon ou mauvais. On dit de même : Ce mot peut se prendre en bonne part, en mauvaise part, Il est susceptible d'une bonne, d'une mauvaise interprétation.

Prendre pour soi un reproche, une plainte, etc., S'en faire l'application. Ne prenez pas pour vous cette critique.

Prendre une chose à la lettre, au pied de la lettre, L'expliquer exactement selon le sens littéral, selon le propre sens des paroles. Il ne faut pas toujours prendre les choses au pied de la lettre. Vous prenez trop à la lettre ce qu'on vous a dit. On dit à peu près dans le même sens : Prendre les choses à la rigueur, en toute rigueur, Trop à la lettre sans modification.

Prendre en riant quelque chose, Ne s'en point fâcher, n'en faire que rire. Prendre sérieusement une chose, L'entendre comme si elle avait été dite sérieusement. Prendre sérieusement ou Prendre au sérieux une chose signifie aussi La regarder comme une chose d'importance qui mérite attention, considération.

PRENDRE signifie aussi, figurément, Adopter, soutenir avec chaleur. Il a pris ma défense. J'ai pris ses intérêts. J'ai pris son parti.

Prendre parti pour quelqu'un, Se déclarer pour lui et, dans le sens opposé : Prendre parti contre quelqu'un.

En termes de Procédure, Prendre le fait et cause de quelqu'un ou Prendre fait et cause pour quelqu'un, Intervenir dans une cause pour lui. Il se dit figurément dans le langage courant et signifie Prendre la défense de quelqu'un.

PRENDRE se dit aussi en parlant des Sentiments, des passions, des affections et des répugnances que l'on éprouve. Prendre du plaisir, prendre son plaisir à quelque chose. Prendre plaisir à quelque chose. Prendre de l'humeur, du dépit de quelque chose. Prendre de l'amitié pour quelqu'un. Prendre intérêt à quelqu'un, à quelque chose. On dit dans le même sens : Prendre quelqu'un en amitié, en affection, en aversion, en haine, en grippe. Prendre quelque chose en dégoût.

Prov., Chacun prend son plaisir où il le trouve, À chacun son goût.

Prendre quelqu'un en pitié, Avoir pour lui de la compassion ou du dédain, suivant la circonstance. Prendre le mal d'autrui en pitié, En être touché.

Prendre son mal en patience, Le souffrir patiemment.

PRENDRE signifie aussi Obtenir, recueillir. Prendre un congé. Prendre l'avis de quelqu'un, Prendre conseil d'un avocat.

Prendre congé de quelqu'un, Lui faire, avant de partir, les adieux qu'exige la politesse.

Prendre des renseignements, des informations, Se faire donner des renseignements sur un fait et sur ses circonstances, sur une personne, sur sa conduite, sur sa capacité, etc. On dit à peu près dans le même sens : Prendre connaissance d'une chose, d'un fait.

Prendre des notes, prendre un croquis, prendre un plan, prendre une photographie, Rédiger des notes, dessiner un croquis, relever un plan, faire une photographie.

Prendre ses avantages, Profiter, tirer avantage des occasions qui se présentent. Il sait bien prendre ses avantages : On dit de même Cet homme prend avantage de tout.

Prendre la haute main dans une affaire, Y prendre la principale autorité.

Prendre des inscriptions, ses inscriptions en médecine, en droit, etc., S'inscrire pour faire ses études de médecine, de droit, etc.

Prendre ses degrés, ses grades, Obtenir les titres de bachelier, de licencié, etc. On dit de même : Prendre sa licence, son doctorat.

Prendre le dessus se dit d'une Personne dont la santé, le moral, etc., commencent à se rétablir. Il a été longtemps malade, mais il commence à prendre le dessus. Après une si cruelle épreuve, il a peine à prendre le dessus.

En termes de Jeu, Prendre sa revanche, Jouer une seconde partie pour compenser ce qu'on a perdu à la première. Il a perdu la première partie et a pris sa revanche.

Prendre sa revanche signifie, dans le langage courant, Regagner un avantage qu'on avait perdu ou l'équivalent. Ce général avait été battu l'année précédente, mais il prit sa revanche. Prendre une belle revanche, une facile revanche.

Prendre la mesure, les dimensions d'un objet, Voir quelles sont les dimensions d'un objet, le mesurer.

On dit dans un sens analogue : Prendre la température, la tension artérielle d'un malade.

Prendre les avis, les voix, Recueillir les avis, les voix.

Prendre la parole, Parler, faire un discours dans une assemblée. Le premier qui prit la parole fut... Une fois la proposition faite, un tel prit la parole.

Prendre le plaisir de la chasse, de la pêche, de la promenade, etc., Se livrer au divertissement de la chasse, de la pêche, de la promenade, etc. Prendre un divertissement, Se divertir, s'amuser à quelque chose.

PRENDRE s'emploie encore, tant au propre qu'au figuré, dans un grand nombre de locutions où sa signification varie, et ne peut se rapporter que difficilement aux acceptions précédemment indiquées.

Fig., Prendre quelqu'un au mot, Se hâter d'accepter une offre, une proposition qui vous est faite.

Prendre quelqu'un à part, Le séparer des personnes présentes, pour l'entretenir en particulier.

Prendre du délai, prendre du temps, Retarder l'exécution de quelque chose.

Prendre du temps se dit aussi des Choses dont l'exécution exige du temps. Ce travail m'a pris beaucoup de temps.

Prendre le temps de faire quelque chose, Employer pour faire une chose tout le temps qui est nécessaire. Prenez un an, s'il le faut, pour achever ce travail.

Prendre son temps, Faire une chose à loisir, ne pas se presser. Il signifie aussi Se servir du moment favorable pour faire réussir quelque chose. Je prendrai mon temps pour cela.

Prendre le temps de quelqu'un, Attendre le moment qui convient à quelqu'un dont on a besoin. Je prendrai votre temps. On dit plutôt aujourd'hui : Je prendrai votre jour et votre heure. Dans un autre sens, Prendre le temps de quelqu'un, Lui faire perdre son temps.

Prendre une chose en considération, Faire attention à une chose, la mettre en quelque sorte à part pour la considérer et en tenir compte. On prendra cet article, cette demande en grande considération.

Le prendre de haut, de très haut, Parler avec arrogance. On dit de même Vous le prenez sur un ton que je ne puis admettre.

En parlant d'un Récit, Prendre la chose de plus haut, Remonter aux choses qui ont précédé celles qu'on raconte ou qu'on vient de raconter. Vous ne nous avez pas appris l'origine, les causes de cet événement; prenez la chose de plus haut.

Fig. et fam., Prendre la mouche, Se fâcher, s'irriter tout à coup, pour un léger sujet, mal à propos.

Prendre un siège, S'asseoir.

Prendre le lit, S'aliter, se coucher pour cause de maladie.

Ce fleuve, cette rivière prend sa source en tel endroit, Ce fleuve, cette rivière commence à couler en cet endroit. On dit aussi : Cette rivière prend son cours vers le nord, Elle coule dans la direction du nord.

En termes de Chasse, Prendre le change se dit des Chiens, lorsqu'ils quittent la bête qui a été lancée, et qu'on appelle la bête de meute, pour en courir une autre.

Fig., Prendre le change sur un objet, dans une affaire, Se tromper sur un objet, dans une affaire. Faire prendre le change à quelqu'un, Le tromper, l'induire en erreur.

En termes de Chasse, Prendre le vent, Aller à la rencontre du gibier.

Fig., Prendre le vent, Chercher la direction dans laquelle il serait habile d'agir, se déterminer adroitement.

En termes de Marine, Prendre un chargement, prendre du monde, des troupes, des passagers, etc., Les mettre, les recevoir à bord. Prendre le vent sur un bâtiment, Se mettre entre ce bâtiment et le point d'où le vent souffle. Prendre la mer, Commencer un voyage sur mer. Prendre la haute mer, prendre le large, S'éloigner du rivage, gagner la haute mer. Prendre terre, prendre port en quelque terre, Y aborder, y débarquer. Prendre la hauteur du soleil, Observer avec un instrument, principalement à l'heure de midi, l'élévation du soleil au-dessus de l'horizon. Absolument, Prendre hauteur, Mesurer la distance d'un astre ou de tout autre objet, à l'horizon. Prendre des ris, Raccourcir les voiles par en haut, au moyen des ris. Prendre le vent, en parlant d'une Voile, Être gonflée par le vent. Etc.

Fig. et fam., Prendre le large, S'enfuir.

En termes de jeux de Cartes, Prendre des cartes, Changer une ou plusieurs des cartes de son jeu pour autant de cartes du talon. Jouer sans prendre, se dit de Celui qui entreprend de jouer sans appeler une autre carte.

PRENDRE se construit avec la préposition À dans diverses locutions particulières :

Prendre à témoin, Invoquer le témoignage de quelqu'un, le sommer de déclarer ce qu'il sait. Je les prends à témoin de la violence, de l'insulte que cet homme vient de me faire. Je prends Dieu à témoin de ce que je dis.

Prendre à partie, Attaquer en justice un homme qui n'était pas d'abord notre adversaire. Vous vous opposez à l'exécution de l'arrêt que j'ai obtenu contre un tel, je vous prends à partie. On dit, par extension, Prendre quelqu'un à partie, Lui imputer quelque chose, lui reprocher une chose dont on se plaint, l'en rendre responsable.

Prendre un juge à partie, Se plaindre en justice d'un juge, intenter une action contre lui. Il demande à prendre ce juge à partie.

Prendre une chose à coeur, S'en affecter, y être vivement sensible. Vous prenez cela trop à coeur.

Prendre une chose à tâche, Chercher et employer tous les moyens de faire une chose. Il semble avoir pris à tâche de me contrarier.

PRENDRE se construit aussi avec la préposition Pour et signifie Considérer comme, traiter comme.

Prendre une personne pour une autre, Croire qu'une personne en est une autre. La mère de Darius prit Éphestion pour Alexandre. On dit de même Prendre une chose pour une autre.

Fam., Prendre quelqu'un pour un autre, En juger autrement qu'il ne faut. Vous croyez que c'est un habile homme, vous croyez que c'est un sot; vous le prenez pour un autre. Vous voulez me faire votre dupe; vous me prenez pour un autre.

Fam., Pour qui me prenez-vous? Vous me jugez mal, vous vous méprenez sur mon compte.

Prendre un homme pour une dupe, Le regarder comme un homme facile à tromper.

Prendre quelqu'un pour dupe, Le tromper, le duper. Il a fait un mauvais marché, on l'a pris pour dupe, il a été pris pour dupe.

Prendre pour bon, Croire. Il se dit ordinairement dans un sens ironique. Il prend pour bon tout ce qu'on lui débite, tous les contes qu'on vient lui faire.

Fig. et fam., Il a pris ce qu'on lui a dit pour argent comptant, Il a cru trop facilement ce qu'on lui a dit; il a fait trop de fond sur de simples apparences.

PRENDRE se construit avec la conjonction Que, dans le sens de Supposer que, admettre que : Prenons que les choses se sont passées ainsi. Prenez que je n'ai rien dit. On dit plutôt aujourd'hui : Mettons, mettez que.

PRENDRE se construit avec un substantif non précédé de l'article dans un grand nombre de locutions particulières qui équivalent souvent à un seul verbe, et dont la plupart expriment un commencement d'action ou d'état. Prendre racine. Prendre feu. Prendre couleur. Prendre forme. Prendre consistance. Prendre corps. Prendre place. Prendre rang. Prendre séance. Prendre peine, Prendre contact. Prendre tournure. Prendre position. Prendre haleine. Prendre pied. Prendre langue. Prendre mesure. Prendre note. Prendre acte. Prendre jour. Prendre naissance. Prendre fin. Prendre possession. Prendre patience. Prendre courage. Prendre plaisir. Prendre pitié. Prendre soin. Prendre garde. Prendre prétexte. Prendre occasion. Prendre parti. Prendre goût. Prendre exemple. Prendre fait et cause. Prendre part. Prendre intérêt à quelqu'un, à quelque chose. Etc. Voyez RACINE, FEU, COULEUR, FORME, CONSISTANCE, ETC.

PRENDRE s'emploie aussi comme verbe intransitif et signifie S'enraciner, pousser, croître. La vigne ne prend pas dans cette région. Il y a des plantes qui prennent également en toute sorte de pays; il y en a d'autres qui ne prennent qu'en de certaines terres.

Fig., Prendre, ne pas prendre; prendre bien, prendre mal se dit d'un Ouvrage de l'esprit, d'une proposition, d'un compliment, etc., qui a réussi, ou qui n'a pas réussi. Ce livre, cette pièce de théâtre n'a pas pris. Votre proposition a pris. Cela prend bien, cela ne prend pas, cela prend mal. Cette plaisanterie n'a pas pris. L'argument ne prend pas sur nous. Cette mode n'a pas pris. Ces manières-là ne prendront pas avec nous. Il se dit aussi en parlant des Personnes. Ce jeune homme a bien pris dans le monde.

PRENDRE, intransitif
, signifie aussi Adhérer, s'attacher, produire son effet. Cette couleur ne prend pas. L'encre ne prend pas sur le papier huilé. Les vésicatoires ont pris, ont bien pris. Les sangsues n'ont pas pris. Le feu a pris à cette maison, à ce magasin. Le feu commence à prendre.

Il se dit également de Ce qui fait une impression trop forte à la gorge, au nez. Cette odeur est trop forte, elle prend à la gorge.

Il se dit aussi de Ce qui se gèle, se coagule, s'épaissit, se solidifie. La rivière a pris cette nuit. Mettez de la présure dans ce lait, pour qu'il prenne. Vos confitures ont mal pris. Cette gelée ne prendra pas. Ces glaces n'ont pas bien pris. On dit aussi Le fleuve était entièrement pris. Il se dit encore de Ce qui contribue à un bon ou à un mauvais résultat. Bien lui a pris d'avoir été averti à temps. Il lui prendra mal un jour d'avoir montré tant d'insouciance. Dans cette acception, il s'emploie aussi avec la particule En. S'il ne se corrige, il lui en prendra mal. Après ce qu'il avait fait, bien lui en prit d'avoir des protecteurs.

La fièvre, la goutte lui a pris, Il a été atteint de la fièvre, de la goutte. On dit impersonnellement dans le même sens : Il lui prit une colique, un mal de dents, une sueur froide, une faiblesse, etc.; et figurément, Il lui prit une fantaisie, un dégoût; il lui prend des accès d'humeur. Qu'est-ce qui vous prend? Qu'avez- vous?

SE PRENDRE signifie S'attacher, s'accrocher. Un homme qui se noie se prend à tout ce qu'il peut. Ma robe s'est prise à un clou, à une épine. Il s'est pris à un clou et sa manche a été toute déchirée.

Fig., Ne savoir où se prendre, à quoi se prendre, Ne savoir à quoi s'attacher, à quoi recourir.

Se prendre à quelqu'un, Le provoquer, l'attaquer. Il ne faut pas se prendre à plus fort que soi.

S'en prendre à quelqu'un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l'en rendre responsable, lui en donner le tort. On s'en prend à moi, comme si j'étais pour quelque chose dans cette affaire. Si les choses Ont mal tourné, ne vous en prenez qu'à vous-même. Je m'en prendrai à vous de tout ce qui pourra arriver.

S'y prendre bien, s'y prendre mal, Mettre plus ou moins d'adresse à ce qu'on fait; Employer de bons ou de mauvais moyens pour réussir dans une affaire. On dit de même : S'y prendre comme il faut. S'y prendre adroitement, maladroitement, gauchement. Ne savoir comment s'y prendre.

Se prendre à, Commencer, se mettre à. Elle se prit à rire. Elle se prit à pleurer.

Se prendre de querelle avec quelqu'un, Se quereller, avoir un démêlé avec lui. On dit dans le même sens, figurément et familièrement : Ils se sont pris de bec.

Se prendre d'amitié, se prendre d'aversion pour quelqu'un, Concevoir de l'amitié, de l'aversion pour quelqu'un. On dit de même Se prendre d'une belle passion pour quelqu'un.

SE PRENDRE signifie aussi Se contracter, en parlant de Maladies. La grippe se prend très facilement en cette saison.

Il se dit aussi des Liquides qui se figent, se solidifient. L'huile se prend quand on la tient dans un endroit froid. Le sirop se prendra bientôt.

Le participe passé
PRIS précédé de l'adverbe bien s'emploie comme adjectif et signifie Bien fait, bien proportionné. Une personne bien prise dans sa taille. Il est petit, mais il est bien pris dans sa taille. On dit dans le même sens : Avoir la taille bien prise, être de taille bien prise. On dit aussi Ce cheval est bien pris, Il a le corsage bien fait.

Être pris de vin, Avoir trop bu, s'être enivré.

À TOUT PRENDRE, loc. adv.
En considérant le pour et le contre, en compensant le bien et le mal. Il est vif, impatient; mais, à tout prendre, c'est un homme estimable. Cette maison a ses défauts; mais, à tout prendre, elle peut vous convenir.

AU FAIT ET AU PRENDRE, loc. adv.
Au moment de l'exécution, quand il est question d'agir, de parler, etc. Quand ce fut au fait et au prendre. Quand on en vint au fait et au prendre. On le disait plein d'intelligence; mais, au fait et au prendre, il n'est bon à rien.


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> PRENDRE
Prononciation : pren-dr'
, je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent : je prenais ; je pris ; nous prîmes, vous prîtes, ils prirent ; je prendrai ; je prendrais ; prends, qu'il prenne, prenons ; que je prenne, que nous prenions ; que je prisse, qu'il prît ; prenant, pris, v. a.
Sens 1
Saisir, mettre en sa main.
Sens 2
Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière.
Sens 3
Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, etc.
Sens 4
Mettre sur soi, en parlant de vêtements.
Sens 5
Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution.
Sens 6
Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a.
Sens 7
Se saisir, s'emparer d'une personne.
Sens 8
Se dit de levées d'hommes qui se font.
Sens 9
Prendre, se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort.
Sens 10
Arrêter pour emprisonner.
Sens 11
En guerre, s'emparer, se rendre maître de.
Sens 12
Attraper à la chasse, à la pêche, dans un piége.
Sens 13
Surprendre.
Sens 14
Y prendre.
Sens 15
Manger, boire, avaler, user de.
Sens 16
Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses.
Sens 17
Il se dit de certaines conditions corporelles.
Sens 18
Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières.
Sens 19
Prendre quelque chose, un nom, un titre, se le donner, se l'appliquer.
Sens 20
Exiger un certain prix pour une chose.
Sens 21
Accepter, recevoir.
Sens 22
Être partie prenante.
Sens 23
Au jeu, prendre des cartes.
Sens 24
Recevoir en partage.
Sens 25
Tirer de, emprunter.
Sens 26
Prendre, en termes de peinture.
Sens 27
Engager quelqu'un sous certaines conditions.
Sens 28
Aller joindre quelqu'un en quelque endroit, pour de là se rendre ailleurs avec lui.
Sens 29
Recueillir quelqu'un, lui donner l'hospitalité.
Sens 30
Prendre quelqu'un, le séparer du reste de la compagnie et s'adresser à lui.
Sens 31
Retrancher une partie d'un tout, ôter, tirer.
Sens 32
Se charger de.
Sens 33
S'établir dans. Entrer en jouissance d'une chose, à certaines conditions.
Sens 34
Choisir, préférer, se décider pour.
Sens 35
Trier, faire un choix.
Sens 36
S'engager dans une route, dans une voie de communication.
Sens 37
Il se dit de la façon dont on taille une étoffe, dont on découpe des viandes.
Sens 38
Comprendre, entendre, interpréter, considérer d'une certaine manière.
Sens 39
Prendre quelqu'un, le considérer, en faire l'objet d'une étude.
Sens 40
Soutenir, adopter.
Sens 41
Il se dit des sentiments que l'on éprouve.
Sens 42
Obtenir, se procurer.
Sens 43
Avec un nom de temps, remettre à une autre époque, à un autre moment.
Sens 44
Prendre les choses de haut, de loin.
Sens 45
Il se dit de quelques opérations scientifiques.
Sens 46
Prendre sa revanche, sa bisque.
Sens 47
Prendre, en termes de chasse.
Sens 48
Prendre, en termes de marine.
Sens 49
Prendre à.
Sens 50
Prendre dans.
Sens 51
Prendre quelqu'un en.
Sens 52
Prendre pour.
Sens 53
Avec un nom de chose pour sujet, entourer, envelopper.
Fig. Faire impression.
Sens 54
Prendre se construit avec plusieurs substantifs sans article, et fait locution.
Sens 55
V. n. S'enraciner.
Sens 56
Réussir, avoir du succès.
Sens 57
S'attacher à, avec un nom de personne pour sujet.
Sens 58
Faire son effet, s'attacher à, avec un nom de chose pour sujet.
Sens 59
Faire une impression trop forte.
Sens 60
Il se dit de ce qui s'allume ou fait explosion.
Sens 61
S'épaissir, se cailler, se glacer.
Sens 62
Commencer en un point et s'étendre de là.
Sens 63
Il se dit des maladies qui font invasion.
Sens 64
Impersonnellement, avoir de bonnes ou mauvaises suites
Sens 65
V. réfl. Se prendre, être saisi avec la main.
Sens 66
S'attacher, s'accrocher.
Sens 67
Être saisi dans un piége, dans un filet.
Sens 68
Être captivé.
Sens 69
S'unir ensemble.
Sens 70
Se prendre à, attaquer.
Sens 71
Se prendre à, employer de l'adresse, de l'habileté.
Sens 72
Suivi de à et d'un infinitif, commencer, se mettre à.
Sens 73
Être contracté, en parlant de maladies.
Sens 74
S'allumer.
Sens 75
Se figer.
Sens 76
Se prendre pour, prendre sa propre personne pour quelque autre.
Sens 77
Être compris, entendu, interprété.
Sens 78
Être employé, en parlant de mots et de locutions.
Sens 79
À tout prendre.
Sens 80
Au fait et au prendre.
Sens 1
Saisir, mettre en sa main.
Citation : Prends ta foudre, Louis, et va...., MALH. , II, 12
Citation : Il vit son éléphant couché sur l'autre rive ; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive, LA FONT. , Fabl. x, 14
Citation : Célimène : Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable ?... Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors ? - Alceste : Non, ce n'est pas, madame, un bâton qu'il faut prendre, Mais un coeur à leurs voeux moins facile et moins tendre, MOL. , Mis. II, 1
Citation : Je sais que, quand j'aurai dans l'esprit de prendre une chose plutôt qu'une autre, la situation de cette chose me fera diriger de son côté le mouvement de ma main, BOSSUET , Lib. arb. 2
Citation : Elle vit avec étonnement que Dieu.... alla prendre comme par la main le roi son fils pour le conduire à son trône, BOSSUET , Reine d'Anglet.
Citation : Il le prend par la main, le fait descendre avec lui, LA BRUY. , XI
Citation : On a inventé aux tables une grande cuiller pour la commodité du service : il la prend, la plonge dans le plat, LA BRUY. , ib.
Citation : Télémaque, qui était abattu et inconsolable, oublie sa douleur ; il prend ses armes, don précieux de la sage Minerve, FÉN. , Tél. XVII
Citation : Cent écus par jour sont bons à prendre, monsieur mon frère, DANCOURT , Déroute du pharaon, II, 3
Citation : Il arriva qu'à l'oraison funèbre du maréchal de Guébriant, prononcée à Notre-Dame, les présidents des enquêtes prirent par le bras le vieux doyen Savare et l'arrachèrent de sa place, VOLT. , Hist. parl. LIV
Prendre les armes, s'armer, soit pour combattre, soit simplement pour rendre des honneurs.
Citation : Et, sans jeter d'alarmes, à tous mes Tyriens faites prendre les armes, RAC. , Athal. II, 6
Prendre quelqu'un aux cheveux, le saisir par les cheveux.
Fig. Prendre l'occasion aux cheveux, saisir l'occasion, en profiter.
On ne sait par où le prendre pour ne pas le faire crier, se dit d'un malade dont le corps est si douloureux qu'on ne peut le remuer sans lui causer de vives souffrances.
Fig. On ne sait par où le prendre, se dit d'un homme très susceptible ou insensible à tout.
Au jeu de paume, prendre la balle de volée, à la volée, au bond, la jouer de volée, la jouer au bond.
Fig. Prendre la balle au bond, saisir vivement et à propos une occasion.
Fig. Prendre le tison par où il brûle, prendre une affaire par le côté le plus difficile. Fig. Prendre la mouche, prendre la chèvre, se fâcher tout à coup et pour un sujet qui n'en vaut pas la peine.
Citation : On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute...., REGNARD , le Joueur, III, 13
Prendre la clef, mettre en sa poche la clef qui ouvre un appartement. Il a pris la clef, je ne puis rentrer.
Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, s'échapper.
Prendre une chose à pleine main, en prendre à poignée autant que la main peut en tenir.
Fig. Prendre une affaire en main, la diriger.
Citation : Tous les magistrats sont intéressés à prendre cette affaire en main, MOL. , l'Avare, V, 1
Citation : Si vous ne prenez pas cette affaire [faire jouer une tragédie de Voltaire] avec vivacité, avec emportement, avec rage, je suis perdu, VOLT. , Lett. d'Argental, 25 oct. 1777
Prendre en main les intérêts, le droit de quelqu'un, soutenir ses intérêts, ses droits.
Citation : Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable à les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord prend en main le droit de l'offensé, BOILEAU , Art p. I
Dans le style soutenu, prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc. gouverner les affaires publiques.
Sens 2
Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière. Prendre du feu sur une pelle.
Prendre la lune avec les dents, voy. LUNE.
Il est à prendre, ou il n'est pas à prendre avec des pincettes, se dit de quelqu'un, de quelque chose extrêmement sale.
Sens 3
Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, leurs griffes, etc. Le perroquet prend avec sa patte ce qu'on lui donne.
Prendre le mors aux dents, voy. MORS.
Sens 4
En parlant de vêtements, mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un habit bien léger.
Prendre le deuil, s'habiller de noir à l'occasion de la mort d'une personne.
Citation : J'ai su sa mort à Rome, ou j'en ai pris le deuil, CORN. , Suite du Ment. I, 1
Citation : Elle dit que tout est son parent en France ; dès qu'il meurt quelque grand, elle prend le deuil, SÉV. , 216
Citation : Il était mon cousin ; la cour prendra le deuil, C. DELAV. , Louis XI, III, 13
Prendre l'habit de religieux, ou, simplement, prendre l'habit, entrer en religion.
Prendre le voile, se faire religieuse.
Familièrement. Prendre le froc, se faire moine.
Prendre le petit collet, entrer dans l'ordre ecclésiastique.
Prendre la cuirasse, embrasser la profession des armes.
Prendre le bonnet, se faire recevoir docteur.
Prendre la haire, embrasser une vie pénitente.
Citation : Il prit, laissa, reprit la cuirasse et la haire, VOLT. , Henr. IV
Prendre la livrée, se faire laquais.
Prendre la perruque, ou prendre perruque, commencer à porter perruque.
Sens 5
Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne. son mouchoir, sa tabatière.
Sens 6
Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. On lui a pris une vache dans son pré.
Citation : Prenez tout, s'il se peut ; ne soyez jamais prise, RÉGNIER , Sat. XIII
Citation : On a traité mon maître avec moins de rigueur, On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au coeur, CORN. , Suite du Ment. I, 2
Citation : Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné, MOL. , Éc. des femm. II, 6
Citation : Harpagon : Allons, rends-le-moi sans te fouiller. - La Flèche : Quoi ? - Harpagon : Ce que tu m'as pris. - La Flèche : Je ne vous ai rien pris du tout, MOL. , l'Avare, I, 3
Citation : Je veux que tu me dises des nouvelles de l'argent qu'on m'a pris. - On vous a pris de l'argent ?, MOL. , ib. V, 2
Absolument.
Citation : Figaro : J'étais né pour être courtisan. - Suzanne : On dit que c'est un métier si difficile. - Figaro : Recevoir, prendre et demander, voilà le secret en trois mots, BEAUMARCH. , Mar. de Fig. II, 3
Absolument et en un sens particulier. Faire des profits illicites.
Citation : Il [le chancelier Séguier] était aussi riche en entrant à la cour, qu'il l'était en mourant ; il est vrai qu'il a établi sa famille ; mais, si l'on prenait chez lui, ce n'était pas lui, SÉV. , 3 févr. 1672
Prendre un baiser, se dit d'un baiser ravi à une femme sans qu'elle le veuille.
Citation : Cet objet.... Me fit prendre un baiser sur votre belle bouche ; Mais las ! ce fut plutôt le baiser qui me prit, VOIT. , Poés. Oeuv. t. II, p. 90
Prendre la maîtresse de quelqu'un, le supplanter près de sa maîtresse.
Citation : Ah ! s'il vous a pris votre maîtresse, repartit Freind, c'est une autre chose ; il ne faut jamais prendre le bien d'autrui, VOLT. , Jenni, 2
Poétiquement, prendre les jours, la vie, disposer de la vie de quelqu'un, le faire mourir.
Citation : Avec ma liberté, que vous m'avez ravie, Si vous le souhaitez, prenez encor ma vie, RAC. , Brit. IV, 2
Citation : Il me devait tes jours ; je rougis de les prendre En frappant un captif qui ne peut se défendre, C. DELAV. , Fille du Cid, III, 6
Fig. Il en prendrait sur l'autel, sur le maître autel, c'est-à-dire il prend hardiment tout ce qu'il peut et partout où il peut.
Prendre se dit aussi des animaux. Le chat a pris le fromage. Le renard m'a pris trois poules.
Sens 7
Se saisir, s'emparer d'une personne. Il voulait résister, on l'a pris de force.
Citation : Nous n'avons pu prendre le jeune homme, parce qu'il était plus fort que nous, et qu'ayant ouvert la porte il s'est sauvé, SACI , Bible, Daniel, XIII, 39
Prendre au corps, arrêter prisonnier.
Prendre de force ou par force une femme, attenter à son honneur.
Il se dit aussi des choses que l'on saisit, dont on s'empare. Il a pris le sabre de son ennemi.
Citation : De mon trône en son âme elle prend la moitié, CORN. , Pomp. I, 2
Prendre son bien où on le trouve, mettre ia main sur ce qui est à soi, en quelque endroit qu'on le rencontre.
Citation : La même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d'avoir pris une scène entière à Cyrano de Bergerac : cette scène m'appartient, puisqu'elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve, D'ALEMB. , Éloges, Despréaux.
Sens 8
Prendre se dit de levées d'hommes qui se font. L'empereur Napoléon prenait tous les jeunes gens de chaque conscription.
Citation : Il prendra vos enfants pour conduire ses chariots, il s'en fera des gens de cheval, et il les fera courir devant son char, SACI , Bible, Rois, I, VIII, 11
Sens 9
Prendre se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort.
Citation : Quoi ! c'est mon fils ! - Le vôtre : Dieu vous en a pris un, il vous en rend un autre, C. DELAV. , Fille du Cid, I, 9
Sens 10
Arrêter pour emprisonner.
Citation : Aussitôt le roi ordonna en secret à Hégésippe de prendre Protésilas et Timocrate, de les conduire en sûreté dans l'île de Samos, et de les y laisser, FÉN. , Tél. XIV
Citation : J'ouvre la bouche et dis : je voudrais, s'il vous plaisait, ne pas payer Chambord ; sur ce mot on me prend, on me met en prison, P. L. COUR. , Rép. aux anonym.
Il a été pris comme dans un blé, il a été attrapé de manière à ne pouvoir se sauver.
Sens 11
En guerre, s'emparer, se rendre maître de.
Citation : Vauban dit que le canon prendra cette place, PELLISSON , Lett. hist. t. III, p. 8
Citation : On avait conté auparavant qu'un courtisan avait dit au roi : " Sire, vous prenez des loups comme Monseigneur, et il prend des villes comme vous, ", SÉV. , 474
Citation : Philisbourg est pris, ma chère enfant, votre fils se por e bien, PELLISSON , 475
Citation : Je m'en vais après dîner à Brévanes.... Mme de Coulanges m'y souhaite, il y a six semaines : mais j'avais Philisbourg à prendre, PELLISSON , 479
Citation : Ce duc [le duc de Lunebourg] avait chargé le maréchal de Créquy en flanc, pris son canon et son bagage, PELLISSON , 205
Citation : La prise du vaisseau de guerre ostendois a satisfait Sa Majesté, et vous devez observer que ce n'est pas faire beaucoup que de prendre un vaisseau et laisser aller ensuite le capitaine et l'équipage..., , Seignelay à Panetié, 7 févr. 1678, dans JAL
Citation : Cet étranger [un Allemand au service de Russie], exalté du désir de reprendre Moscou et de se naturaliser en Russie par cet exploit signalé, s'emporta loin des siens.... il se précipite vers le Kremlin, rencontre des avant-postes, les méprise, tombe dans une embuscade, et, se voyant pris dans une ville qu'il voulait prendre...., SÉGUR , Hist. de Nap. IX, 6
Faire prisonnier.
Citation : Josèphe leur concitoyen [des Juifs], un de leurs capitaines, un de leurs prêtres, qui avait été pris dans cette guerre en défendant son pays, BOSSUET , Hist. II, 8
Citation : S'ils [les Grecs] l'eussent prise [Artémise], elle n'aurait mérité que d'être comblée de louanges et d'honneurs, ROLLIN , Hist. anc. Oeuvr. t. III, p. 239, dans POUGENS
Sens 12
Attraper à la chasse, à la pêche, dans un piége, etc.
Citation : Tel est pris qui croyait prendre, LA FONT. , Fabl. VIII, 9
Citation : Un manant au miroir prenait des oisillons, LA FONT. , ib. VI, 15
Citation : Là, cormoran, le bon apôtre.... Vous les prenait sans peine [les poissons], un jour l'un, un jour l'autre, LA FONT. , ib. X, 4
Citation : Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, LA FONT. , ib. I, 18
Citation : Les poissons se moquent de moi comme les hommes ; je ne prends rien, je meurs de faim, VOLT. , Zadig, 17
Citation : On prend la pie dans les mêmes piéges et de la même manière que la corneilie, BUFF. , Ois. t. V, p. 121
Fig. Se laisser prendre au piége, à l'hameçon, se laisser tromper.
Citation : Je me suis laissé prendre à l'appât des grandeurs, P. LEBRUN , Marie Stuart, II, 2
Dans un sens analogue. Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur.
Citation : Qui, chaleur, force, enthousiasme, voilà ses expressions, et vous vous laissez prendre à ce galimatias, GENLIS , Théât. d'éduc. les Faux amis, I, 4
Fig. Cette femme l'a pris dans ses filets, cette femme l'a séduit.
Fig. Prendre quelqu'un au trébuchet, obtenir par artifice quelque chose de quelqu'un.
Fig. Prendre un rat, voy. RAT.
Prendre se dit aussi des animaux qui chassent ou pêchent. Le chat a pris une souris. La mouette a pris un poisson.
Fig. S'emparer de l'esprit, du coeur.
Citation : Alléguant maint exemple en ce siècle où nous sommes, Qu'il n'est rien si facile à prendre que les hommes, RÉGNIER , Sat. III
Citation : Que la vengeance est douce à l'esprit d'une femme ! Je l'attaquai par là, par là je pris son âme, CORN. , Cinna, V, 2
Citation : Pour une qu'amour prend par l'âme, Il en prend mille par les yeux, LA FONT. , Nicaise.
Citation : Tout ce qu'elle m'a dit m'a semblé si spirituel, que, si elle avait manqué de me prendre par les yeux, elle m'aurait pris par les oreilles, BOURSAULT , Lett. nouv. t. III, p. 39, dans POUGENS
Citation : Comme la raison n'est pas toujours écoutée, lorsque nos inclinations y résistent, parce que notre inclination est elle-même souvent la plus pressante raison qui nous émeuve, Dieu saura nous prendre encore de ce côté-là...., BOSSUET , Lib. arb. VII
Citation : Il me prenait par mon propre intérêt, FÉN. , Tél. XIII
Citation : Les jeunes gens veulent être pris par les sens, DIDER. , Pens. philos. n° 26
Citation : Cette manière de prendre toujours les enfants, comme on dit, par la sensibilité, ne vaut rien lorsqu'on en abuse, GENLIS , Ad. et Théod. t. I, p. 208, dans POUGENS
Prendre quelqu'un par son faible, flatter, toucher son inclination favorite.
Savoir prendre quelqu'un, connaître les mobiles par lesquels on peut agir sur lui.
Citation : Et quand on sait le prendre, on en fait ce qu'on veut, J. B. ROUSS. , Flatt. I, 1
Prendre quelqu'un par ses propres paroles, le convaincre par ce qu'il a dit lui-même, se faire contre lui un droit de ses propres paroles.
Citation : M. Basnage fait semblant de me vouloir prendre par mes propres paroles, BOSSUET , Déf. Var. 1er disc. 42
Sens 13
Surprendre. Je l'ai pris à voler des fruits. On m'a pris au dépourvu.
Citation : Je te prends sur le livre. - Hé bien, qu'en veux-tu dire ? Tant d'excellents esprits qui se mêlent d'écrire, Valent bien qu'on leur donne une heure de loisir, CORN. , Gal. du Pal. I, 7
En un sens analogue.
Citation : Dieu connaît de toute éternité tout ce que la créature fera librement, en quelque temps qu'il la puisse prendre, et en quelques circonstances qu'il la puisse mettre, BOSSUET , Lib. arb. VI
Prendre quelqu'un sur le fait, le prendre au moment même où il fait quelque chose qu'il voulait cacher.
Fig.
Citation : En vain la nature s'était cachée dans des lieux si profonds et si inaccessibles pour travailler à la végétation des pierres, elle fut, pour ainsi dire, prise sur le fait par des curieux si hardis, FONT. , Tournefort.
Citation : Ah, disait-il [le nain de Saturne], j'ai pris la nature sur le fait ; mais il se trompait sur les apparences...., VOLT. , Microm. 8
On dit dans le même sens : prendre quelqu'un en flagrant délit (voy. LAGRANT).
Prendre quelqu'un la main dans la poche, la main dans le sac, le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque détournement.
Prendre en faute, surprendre pendant qu'une faute se commet.
Citation : Ma situation était pire encore par l'animosité de mes ennemis, qui ne cherchaient qu'à me prendre en faute, J. J. ROUSS. , Conf. XII
Prendre quelqu'un sans vert, voy. VERT.
Prendre quelqu'un au pied levé, voy. LEVÉ, n° 1.
Prendre quelqu'un au saut du lit, l'aller trouver dès le matin afin de ne pas le manquer.
Prendre quelqu'un au mot, se hâter d'accepter une offre.
Prendre quelqu'un à son avantage, le saisir, le surprendre quand on a l'avantage sur lui.
Citation : J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne.... je l'ai pris à mon avantage, et, comme je le tiens à cent cinquante lieues de moi, je lui dis tout ce que je pense, SÉV. , 510
Prendre le défaut d'un joueur, à la paume, pousser la balle de manière que celui qui est obligé de la renvoyer ne puisse aisément aller au-devant.
Terme d'escrime. Prendre sur le temps, porter une botte à son adversaire dans l'instant où il s'occupe de quelque mouvement.
Citation : Y prendre, prendre à cela, c'est-à-dire prendre quelqu'un dans une occupation, dans une circonstance, dans un état d'esprit indiqués par le contexte du discours Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus, LA FONT. , Fabl. 1, 2
Citation : Ah ! je vous y prends enfin, perfide ! me voilà sûre de votre inconstance...., VOLT. , Écoss. IV, 4
Citation : Vous lisez donc des chansonnettes ? Ah ! je vous y prends, monseigneur, BÉRANG. , Cardin.
Sens 15
Manger, boire, avaler Je n'ai encore rien pris de la journée.
Citation : Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre quantité de pain trempé dans du vin, MOL. , Méd. malgré lui, II, 6
Citation : J'ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit médecines, MOL. , Mal. imag. I, 1
Citation : J'ai voulu me raccommoder avec le chocolat, j'en pris avant-hier pour digérer mon dîner, afin de bien souper ; et j'en ai pris hier pour me nourrir, et pour jeûner jusqu'au soir, SÉV. , 94
Citation : Il était incommodé d'un dévoiement au commencement de son service ; il prit du lait sans préparation pour le faire cesser, SÉV. , 128
Citation : J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes, RAC. , Phèdre, V, 7
Voudriez-vous prendre quelque chose ? se dit à une personne que l'on invite à manger un morceau.
Citation : Peut-être le matin prenez-vous quelque chose : Un bouillon ? du café ? que vous plaît-il des deux ?, BOURSAULT , Fables d'Ésope, I, 2
On dit : prendre du café, du thé, du chocolat, plutôt que boire.
Trop prendre de son vin, ou, absolument, en trop prendre, s'enivrer.
Citation : Il faut.... Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin, Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille, Pour avoir trop pris de son vin, MOL. , Amph. I, 2
Citation : C'est lui qui en a trop pris ; pour moi, j'en ai pris aussi ; ils sont si longtemps à table que par contenance on boit, et puis on boit encore, et on se trouve avec une gaieté extraordinaire, SÉV. , 29 août 1677
Fig.
Citation : Son coeur n'est pas usé pour moi, il n'est seulement qu'un peu rassasié du plaisir de m'aimer, pour en avoir trop pris d'abord, MARIVAUX , Marianne, part. 8
Faire usage d'une chose pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un bain.
Citation : Comment ! que voulez-vous faire ? - Prendre ce petit lavement-là ; ce sera bientôt fait, MOL. , Mal. imag. III, 4
Citation : De quoi vous mêlez-vous.... d'empêcher monsieur de prendre mon clystère ?, MOL. , ib.
Citation : On a fait refus de prendre le remède que j'avais prescrit, MOL. , ib. III, 6
Citation : Je prendrai la douche dans quelques jours, SÉV. , 277
Citation : J'ai donc pris des eaux ce matin, ma très chère ; ha ! qu'elles sont méchantes !, SÉV. , 277
Prendre du tabac, mettre de la poudre de tabac dans son nez.
Citation : Il n'est rien d'égal au tabac.... ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde ?, MOL. , Festin, I, 1
Prendre la poudre d'escampette, voy. ESCAMPETTE.
Prendre l'air, sortir d'un lieu où l'on était renfermé pour aller dans un endroit découvert, aéré.
Citation : Allons prendre un peu d'air dans la cour des prisons, CORN. , Suite du Ment. II, 7
Citation : Je me promène, il est vrai ; mais il faut qu'on défende le beau temps, si l'on veut que je ne prenne pas l'air, SÉV. , 369
Prendre l'air, sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne.
Familièrement. Prendre l'air, s'évader, se retirer d'une situation où l'on court quelque péril. On voulut l'arrêter ; mais il avait pris l'air.
Prendre le frais, respirer la fraîcheur.
Citation : Quel grand mal est-ce qu'il y a à prendre le frais la nuit ?, MOL. , G. Dand. III, 8
Citation : Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers, VOLT. , Candide, 30
En un sens analogue.
Citation : Quand j'ai pris toute la beauté du soleil en marchant toujours, je rentre dans ma chambre, SÉV. , 26 nov. 1684
Prendre du repos, prendre du relâche, interrompre le travail, l'action, par du repos, par du relâche.
Citation : Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs, CORN. , Cid, II, 9
Dans les maisons religieuses, prendre la discipline, se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine.
Sens 16
Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Il a pris le typhus dans l'hôpital.
Citation : Je suis effrayée de ces fièvres que je crains que vous ne preniez à Versailles ; on mande ici que tout en est plein, SÉV. , 22 sept. 1687
Fig. Prendre un mal, une passion, contracter un mal moral, une passion, etc.
Citation : Vous avez pris ce mal-là de moi, SÉV. , 18 oct. 1688
Citation : Son maître.... Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce L'amour où je voulais amener sa tendresse, RAC. , Brit. IV, 2
Citation : Elle ne pensait jamais à donner de l'amour, mais elle était sujette à en prendre, MARIVAUX , Pays parv. 4e part.
Citation : Le roi prit de l'amour pour Mme de Montespan dans le temps qu'il vivait avec Mlle de la Vallière en maîtresse déclarée, Mme DE CAYLUS , Souvenirs.
Sens 17
Il se dit de certaines conditions corporelles. Prendre de l'embonpoint, du corps, devenir plus gras, plus gros.
Citation : Le tarier prend beaucoup de graisse dès la fin de l'été, et alors il ne le cède point à l'ortolan pour la délicatesse, BUFF. , Ois. t. IX, p 327
Citation : Un coq est capable d'engendrer à l'âge de trois mois, et il n'a pas alors pris plus du tiers de son accroissement, BUFF. , Hist. anim. t. III, p. 457
Prendre du ventre, devenir ventru.
Prendre des forces, se fortifier.
Fig.
Citation : J'ai pris dans l'horreur même où je suis parvenue Une force nouvelle à mon coeur inconnue, VOLT. , Orphel. V, 1
Prendre de l'âge, avancer en âge.
Ce cheval prend quatre ans, cinq ans, il entre dans sa quatrième, dans sa cinquième année.
Prendre les dents, se dit du cheval, lorsque les secondes dents lui poussent.
Prendre une posture, une attitude, placer son corps d'une certaine manière.
Il se dit de certains mouvements du corps. Prendre son vol, commencer à s'envoler.
Citation : Déjà prenait l'essor, pour se sauver dans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces, FLÉCH. , Tur.
Prendre son élan. se donner une certaine impulsion en courant afin de s'élancer plus loin.
Prendre la fuite, s'enfuir.
Anciennement, prendre son escousse, s'élancer.
Prendre le trot, le galop, se dit d'un cheval qui se met à trotter, à galoper.
Prendre les aides des jambes, se dit d'un cheval qui commence à répondre à ces aides.
Prendre chair, se dit d'un cheval qui commence à se rétablir après une longue maladie.
Prendre les coins, entrer dans les angles du manége.
Sens 18
Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières. Il prend de mauvaises habitudes. Il prit un ton sévère.
Citation : Conjuguez avec moi, pour bien prendre l'accent, REGNARD , le Distr. III, 3
Citation : Il [Alexandre] prit les moeurs des Perses, pour ne pas désoler les Perses en leur faisant prendre les moeurs des Grecs, MONTESQ. , Esp. X, 14
Citation : Jeune, égaré, j'avais tous les caprices ; De mes amis j'avais pris tous les vices, VOLT. , Enf. prod. IV, 3
Citation : Elle prend des caprices, de l'humeur ; elle se forme enfin, GENLIS , Théât. d'éduc. le Méchant par air, I, 6
Cet homme prend des airs, prend certains airs, il affecte un ton, des manières qui ne lui conviennent pas.
Prendre le haut ton, parler avec fierté.
En un même sens, le prendre sur le haut ton, ou, elliptiquement, le prendre haut.
Citation : Tu le prends d'un haut ton, e