Dictionnaire de L'académie française (8 ème édition)
> ABJECTION n. f. État d'abaissement qui attire le mépris de tous. Vivre dans l'abjection. Il s'est relevé de l'abjection, de l'état d'abjection où il était tombé.
Il se dit également de Choses basses et méprisables. L'abjection de ses sentiments et de ses moeurs. L'abjection de sa conduite, de son langage.
Il signifie Objet de rebut, dans cette phrase de l'Écriture sainte : L'opprobre des hommes et l'abjection du peuple.
Sens
1 État abject. Tomber dans l'abjection. Il vécut dans la débauche et l'abjection. L'abjection des sentiments. Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection.
Citation : On ne remarque chez cette nation [espagnole] aucun de ces tours de phrase qui annoncent l'abjection des pensées
,
CHATEAUB. ,
Abenc. 165
Sens
2 Terme de dévotion. Humiliation profonde devant Dieu. Une abjection volontaire et une entière abnégation des honneurs.
Sens
3 En style de l'Écriture, rebut. L'opprobre des hommes et l'abjection du peuple.
SYNONYME
ABJECTION, BASSESSE. Signification commune, défaut d'élévation. La nature a placé des êtres dans l'élévation et d'autres dans la bassesse ; mais elle ne place personne dans l'abjection : l'homme s'y jette de son choix ou y est plongé par la dureté d'autrui, GUIZOT., En effet bassesse exprime un état où l'on est, et abjection un état où l'on a été jeté. La bassesse, quoique aussi grande que l'abjection, n'excite pas autant de mépris. Dans la bassesse on est au plus bas degré, dans l'abjection on inspire la répugnance et le dégoût. Dans la bassesse du langage et des sentiments, il y a manque de dignité ; dans l'abjection, il y a quelque chose d'ignominieux qui repousse, LAFAYE.
ÉTYMOLOGIE
Provenç. abjectio ; ital. abbiezzione ; de abjectione, de abjectus (voy. ABJECT).