Dictionnaire de L'académie française (8 ème édition)
> ASSIÉGER v. tr. Faire le siège d'une place de guerre. On va bientôt assiéger la ville, la forteresse.
Il se dit aussi en parlant des Personnes qui sont enfermées dans une place. Assiégés durant de longs mois, ils résistèrent héroïquement.
Fig., Déjà les eaux débordées assiégeaient notre dernier refuge, nous assiégeaient de toutes parts.
Il se dit encore d'une Foule qui se présente avec empressement à l'entrée de quelque lieu. La foule assiégeait de bonne heure les bureaux du théâtre. Les curieux assiégeaient la porte du tribunal.
Il signifie aussi figurément Obséder, poursuivre, importuner. Ses créanciers l'assiègent tous les matins dans sa maison. Être assiégé par les solliciteurs. On dit dans un sens analogue Assiéger la porte de quelqu'un, S'y présenter continuellement, fréquemment.
Il se dit également des Choses. Les fléaux qui nous assiègent. Tous les maux assiègent sa vieillesse. Ce souvenir m'assiège.
Le participe passé ASSIÉGÉ, ÉE, s'emploie souvent comme nom. Les assiégés firent une sortie. Un des assiégés vint, se rendit dans le camp. On dit dans un sens collectif L'assiégeant et l'assiégé. Voyez ASSIÉGEANT.
, j'assiége, nous assiégeons ; j'assiégeais ; j'assiégeai ; j'assiégerai ; j'assiégerais, v. a.
Sens
1 Faire le siége d'une place.
Citation : On sait que Louis foudroie les villes plutôt qu'il ne les assiége ; et tout est ouvert à sa puissance
,
BOSSUET ,
Marie-Thérèse.
Citation : [Il] Nous surprend, nous assiége et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord
,
CORN. ,
Rodog. I, 6
Sens
2 Par extension, se presser autour. Les curieux assiégeaient la porte du tribunal. Les vents déchaînés assiégent les rochers sourcilleux.
Citation : Du palais cependant il assiége la porte
,
RAC. ,
Esth. II, 1
Citation : Je n'assiége pas la porte des grands
,
BOSSUET ,
III, Vêtur. 3
Citation : Ceux-ci de la faveur assiégent les sentiers
,
LAMART. ,
Harm. IV, 11
Sens
3 Fig. Obséder, importuner, poursuivre. Il m'assiége de ses supplications, de ses plaintes. Ses créanciers l'assiégent à toute heure. Ce souvenir m'assiége. Beaucoup de maux assiégent la vieillesse.
Citation : Mathan.... Plus méchant qu'Athalie à toute heure l'assiége
,
RAC. ,
Athal. I, 1
Citation : Il viole en un jour les droits des souverains, Ceux même des autels où ma fureur l'assiége
,
RAC. ,
Andr. V, 4
Citation : Les discours flatteurs assiégent leur trône
,
MASS. ,
Tent.
Citation : Le révérend père vint assiéger ses derniers moments
,
VOLT. ,
L'h. aux 40 écus.
Citation : Non qu'après tout Valois [Henri III] ait un coeur inhumain, Mais l'exemple du crime assiégeait sa jeunesse
,
VOLT. ,
Henr. II
HISTORIQUE
XIe s.
Citation : En Saragoze vous viendrat aseger
,
,
Ch. de Rol. XXXV
XIIe s.
Citation : David se cureçad forment, e assejad la cited, e prist la tur de Syon, ço est la cited David
,
,
Rois, 137
Citation : En vain se travilleroit por esleveir noz cuers, s'il ne savoit ke li creeres de nostre salveteit fust assigiez [assis] en ciel
,
ST BERN. ,
525
Citation : E il les avironerent tot en tor e les assegierent
,
,
Machab. I, ch. 6
Citation : Ainz que passast la matinée, Orent lur gent tute ordenée, Des or est Paris assegiez
,
BENOIT ,
II, 3999
XIIIe s.
Citation : Et bien cuidoit certainement que ce fussent Grieu qui le venissent assegier
,
VILLEH. ,
CLXII
Citation : Einsi se logea li os, et fu Jadres assegié droit au jor de feste Saint-Martin
,
VILLEH. ,
XLVI
Citation : De joste lui [il] l'a aseigié [assis]
,
,
Ren. 15131
Citation : Un jor que li dux repaira, Molt ot grant gent, si aseja La cité, e tendi ses tentes
,
,
Grégoire le Grand, p. 58
XVe s.
Citation : Si issirent de Nantes et allerent assieger Rennes tout autour
,
FROISS. ,
I, I, 170
XVIe s.
Citation : Nostre chevet assiegé de medecins et de prescheurs
,
MONT. ,
I, 90
Citation : Leurs affaires vous tiennent encore assiegée [occupée]
,
MONT. ,
II, 69
ÉTYMOLOGIE
Berry, assiéger, assiéter, assiter, asseoir ; provenç. assetjar, assetiar, asetiar ; catal. assetjar, assitiar ; espagn. asediar ; ital. assediare ; bas-lat. assediare, avec les deux sens de donner un siége et mettre le siége ; de ad, à, et d'une forme barbare sedia dérivée de sedes (voy. SIÉGE, et, pour les formes qui ont un t, ASSIETTE).