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être

 Définition et Synonymes - Définition Mediadico

être(verbe)

Exister.
Se trouver.
Appartenir à. Ex: cette maison est à moi.

Difficultés orthographiques
s'il en fut.

être(nom masculin)

Etat, existence, qualité de ce qui est.
Individu vivant.

Difficultés orthographiques
l'Etre suprême( Dieu).

Homonymes - paronymes
hêtre( arbre).
êtres( parties d'une maison).

Les synonymes Mediadico de être :

4 : exister: vivre, subsister.

Les synonymes Word de être :

Les synonymes WordNet de être :

Les antonymes de etre :

amène, néant, préside, télécommande, axe, gouverne, aiguille, double, pilote, commande


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Définition du dictionnaire Littré

> ÊTRE
Prononciation : ê-tr'
s. m.
Terme d'administration forestière, qui s'emploie dans la locution : à blanc être, synonyme de à blanc estoc. Voy. ESTOC.
HISTORIQUE
XVIe s.
ÉTYMOLOGIE
Estre a quelquefois signifié être debout par une confusion avec le verbe ester qui a proprement ce sens. C'est ce qui est arrivé ici.
> ÊTRE
Prononciation : ê-tr'
, je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont ; j'étais ; je fus ; je serai ; je serais ; sois, qu'il soit, soyons, soyez, qu'ils soient ; que je sois, que tu sois, qu'il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu'ils soient ; que je fusse ; étant ; été, v. n.
Sens 1
Il sert en général à lier l'attribut au sujet, à indiquer l'existence de l'attribut dans le sujet, à attribuer à quelqu'un ou à quelque chose une qualité, un état, etc. ; c'est là le sens propre et primitif. La terre est ronde. Louis XIV fut roi de France. Il était négociant.
Soyons se dit souvent, surtout dans le style élevé, en se parlant à soi-même.
Terme de manége. Être droit, se dit d'un cheval qui ne boite point.
Sens 2
Avec un sens antonomastique, par suppression de l'attribut, avoir l'existence réelle. Dieu, dans l'Écriture sainte, s'appelle celui qui est.
Il se dit aussi d'une existence purement idéale.
Cela n'est pas, je doute que cela soit, c'est-à-dire cela n'est pas vrai, réel, je doute que cela soit vrai.
Cela sera, cela ne sera pas, c'est-à-dire cela arrivera, cela n'arrivera pas.
Vous n'étiez pas encore au monde, ou, simplement, vous n'étiez pas encore, quand.... c'est-à-dire vous n'étiez pas encore né, quand....
En poésie et dans le style élevé, n'être plus, avoir cessé de vivre.
Le prétérit fut, ou, impersonnellement, il fut, se dit pour signifier que quelque chose a cessé d'exister.
Sens 3
Être, se dit quelquefois pour exprimer la réalité, par opposition à l'apparence.
Sens 4
Se trouver en un lieu. Soyez ici ou là, que m'importe ?
Fig. Être ailleurs, ne pas prêter son attention. Répétez, je vous prie, j'étais ailleurs.
Sens 5
Être, se construit avec certains adverbes et avec des locutions adverbiales.
Être bien, être mal avec quelqu'un, être avec quelqu'un dans de bons, dans de mauvais rapports.
Être bien, être mal, se porter bien, se porter mal. Et sans ces adverbes : Comment est notre malade, comment va-t-il ?
Sens 6
Être, construit avec la préposition à, exprime en particulier l'appartenance, la dépendance. Cette maison est à moi.
Être à...., être lié par les noeuds du mariage, de l'amour.
Être à, être au service de.
Je suis tout à vous, tout disposé à faire ce qui vous sera agréable.
Je suis à vous dans un moment, c'est-à-dire attendez-moi, je reviens à l'instant, ou je vais m'occuper de vous.
Il n'est plus à lui, se dit d'un homme dont l'esprit est dans une agitation extrême.
On dit dans un sens analogue, n'être plus soi-même.
Être à, se dit aussi de la situation, du temps, de l'occupation, etc. Le malade est à l'agonie. Il est à son travail. Il est au lit. Ma famille est à la campagne. Nous sommes au mois de janvier. Vous êtes à la fin du trimestre.
Être à jeun, se dit d'une personne qui n'a pris aucun aliment dans la journée.
Être à mépris, être méprisé.
Être à, se dit, dans le langage des mathématiques, des rapports et des proportions. 2 est à 4 comme 8 est à 16.
Être à quelque chose, s'en occuper, y prêter attention. Il est tout à ce qu'il fait. Vous n'êtes pas à ce que je vous dis.
Être à, suivi d'un infinitif, être occupé à....
Être longtemps à, mettre beaucoup de temps. Il est longtemps à faire son ouvrage.
Familièrement. Il est toujours à se plaindre, ils sont toujours à se quereller, il ne cesse de se plaindre, ils ne cessent de se quereller.
Être à faire, à savoir, etc. c'est-à-dire ne pas faire encore, ne pas savoir encore, etc.
Être à plaindre, à blâmer, être digne de pitié, de blâme. Cela est à vendre, à louer, c'est-à-dire on veut vendre, on veut louer cela.
On dit aussi cette marchandise est à prendre ou à laisser.
Cela est à faire, cela est à recommencer, c'est-à-dire on devra faire, recommencer cela.
Être homme à, être capable de....
Impersonnellement. Il est à croire, à désirer, etc. on doit croire, désirer, etc.
Sens 7
Être, construit avec la préposition de, indique le rapport de l'effet à la cause, l'origine, l'extraction. Cette tragédie est de Corneille. Cet enfant est de lui. Cette marchandise est de fabrique anglaise. Ces figues sont du Levant.
Être de, exprime la profession, la condition. Il est d'Église, d'épée, de robe.
Il exprime la matière. Cette statue est de marbre.
Il exprime l'occupation. Je suis de service, de garde. Un interne est de garde dans un hôpital. Il est de semaine.
Marque la participation. Il est de moitié dans l'affaire. Il sera de la partie.
Être du nombre de, ou, simplement, être de, être parmi. Je ne suis pas de ces gens qui....
Je suis d'avis que...., c'est-à-dire mon avis est que....
Cela est bien de son caractère, cela est bien de lui, c'est-à-dire cela est conforme à son caractère, à sa manière de penser et d'agir.
Cela n'est pas du jeu ou de jeu, c'est-à-dire cela n'est pas selon les règles du jeu, ne fait pas partie des conventions.
Exprime la manière d'être. Cet enfant est d'une grande intelligence. Cette étoffe est d'un teint trop clair.
Être de, avec un substantif, exprime quelquefois la nécessité, l'obligation d'une chose. Dans ce lieu une mise décente est de rigueur.
Exprime la conformité. Ces habitudes ne sont plus de nos moeurs.
Être de l'avis, de l'opinion de quelqu'un, partager son avis, son opinion.
Être de quelque chose à quelqu'un, l'intéresser.
Il ne m'est de rien, nous ne sommes pas parents.
Familièrement. Il ne m'est ni d'ève ni d'Adam, je n'ai pas avec lui de parenté si éloignée qu'elle soit.
Impersonnellement. Il est d'homme sage, etc. c'est l'action d'un homme sage.
Il est de la justice, etc. la justice commande.
La peste soit du butor ! Peste soit de vous ! Voy. PESTE.
Sens 8
Terme de généalogie. Être du trois au quatre, du cinq au quatre avec quelqu'un, être dans un degré de parenté tel que les deux personnes dont il s'agit, appartenant à deux branches différentes, aient un bisaïeul, un trisaïeul commun ; ainsi la parenté du grand Condé avec M. de Vardes était du cinq au quatre, c'est-à-dire qu'ils avaient un trisaïeul commun, la Trémouille. Ce qui fait que l'on exprime ainsi cette parenté, c'est que le point de départ n'est compté qu'une fois : la Trémouille, une fille, une fille, une fille, Condé, cinq ; de l'autre côté, une fille, un garçon, une fille, Vardes, quatre.
Sens 9
Être, construit avec la particule en, exprime le point où l'on est parvenu dans un travail, dans une affaire, et quelquefois l'état où l'on est réduit. Où en êtes-vous de votre ouvrage ? Où en est l'affaire ? Où en êtes-vous de votre procès ? j'en suis à faire nommer un rapporteur. Voilà où j'en suis.
Il ne sait où il en est, il est troublé au point qu'il ne sait plus ce qu'il fait.
En êtes-vous là ? croyez-vous cela ? ou bien êtes-vous dans cette résolution, dans cette erreur ?
Où en sommes-nous ? se dit par indignation ou par plainte, quand on voit quelque grand désordre.
Il n'en est pas où il croit, il est bien loin de ce qu'il espère ou imagine.
On supprime quelquefois la particule en.
En être, être de la partie, de l'affaire, etc. Je vous baise les mains, je m'en vais ici près Chez mon oncle dîner. - ô Dieu ! le galant homme ! J'en suis.
J'en suis pour ce que j'ai dit, je garde l'opinion que j'avais exprimée.
Elliptiquement et familièrement. Il en est, il est d'une société, d'une bande suspecte, de la police.
Elliptiquement et populairement. C'en est, je crois que c'en est, se dit, par euphémisme, des excréments humains.
Cela n'en est pas, celui-là n'en est pas, c'est-à-dire on ne doit pas faire cela. Il s'agit de jeux, et les coups n'en sont pas.
J'en suis pour ma peine, pour mon argent, j'ai perdu ma peine, mon argent. J'en suis pour une dent, j'y ai perdu une dent.
En être sur, pointiller sur....
En être, se dit du résultat, des conséquences d'une chose. On l'a traité outrageusement, et il n'en a rien été. Il en sera de cette affaire ce qu'il vous plaira.
On peut aussi supprimer la particule en : Il sera de cette affaire ce qu'il vous plaira.
Il en sera ce qu'il plaira à Dieu, se dit pour exprimer qu'on se résigne à la volonté de Dieu, à l'événement quel qu'il soit.
Ce qui en est, la réalité, la vérité.
Il en est, il n'en est pas de, exprime la similitude, la conformité. Il en est des peintres comme des poëtes, ils ont la liberté de feindre. Il en est de même de tout le reste.
Il n'en est rien, c'est-à-dire cela n'a aucune vérité, cela est faux. Ne croyez pas cette nouvelle, il n'en est rien.
Il n'y a pas lieu à mettre en, lorsque la phrase a un complément qui en tient lieu.
Sens 10
Être construit avec la particule y. Y être, être chez soi. Y être pour quelqu'un, avoir donné l'ordre précis de recevoir une personne.
Par plaisanterie. Allez voir là dedans, et, plus souvent, allez voir dehors si j'y suis, se dit pour renvoyer quelqu'un avec qui l'on ne se gêne pas ou contre qui l'on se fâche.
Je n'y suis pour rien, je n'ai pris aucune part à la chose dont il s'agit, ou je n'y suis pas compromis. Avez-vous perdu à cette faillite ? Non, je n'y suis pour rien.
Vous n'y êtes pas, vous ne comprenez pas. Il y est, il a compris.
Il n'y est plus, il ne fait plus attention, ou il est dérouté.
La tête n'y est plus, il est fou, il est tombé en enfance.
Sens 11
Être se construit avec différentes prépositions.
Être après, être occupé à.
Être après quelqu'un, l'obséder, le poursuivre, ou le harceler en paroles. Je ne puis bouger sans qu'il soit après moi. Vous êtes bien moqueur, pourquoi êtes-vous toujours après moi ?
Être avec quelqu'un, vivre habituellement avec lui. Y a-t-il longtemps que vous n'êtes plus avec votre frère ?
Être avec quelqu'un, se trouver quelque part avec lui. Vous étiez avec moi lorsqu'il me parla.
Être avec quelqu'un, rester avec lui. Dans le langage biblique, le Seigneur est avec lui, le protége.
Être en, désigne la manière d'être. Être en toilette, en robe de chambre, en pantoufles. Être en fête, en promenade. Une exposition en plein midi. En printemps, en hiver. Déguisé en Turc.
Être dans une affaire pour un quart, pour un dixième, y avoir un intérêt d'un quart, d'un dixième.
Être pour, suivi d'un infinitif, être propre à, capable de.
Être pour, suivi d'un substantif, être du parti de.
Dieu est pour nous, Dieu nous protége.
Être pour, être destiné à. Ceci, cette part est pour vous. Mes voeux sont pour vous. Sa dernière pensée a été pour vous. Ce que je dis n'est que pour le contenter.
Être pour, être d'avis de. Vous hésitez ? Moi je suis pour la promenade.
Être sans fortune, sans amis, n'avoir point de fortune, point d'amis.
On dit de même être sans connaissance, sans vie, sans pitié, etc.
Être.... sans...., rester.... sans....
Vous n'êtes pas sans savoir... vous n'ignorez pas sans doute.
Cela n'est pas selon la raison, selon la loi, selon les convenances, etc. cela n'est pas conforme à la raison, à la loi, aux convenances, etc.
C'est selon, la chose dépend des circonstances.
Être sous, dépendre de. J'étais sous un dur maître.
Être sous, suivre les leçons de. J'étais sous tel professeur.
Être sur, siéger sur, être placé sur. Être sur les tréteaux.
Être sur, s'occuper de quelqu'un, de quelque chose, en converser.
Dans le langage de l'Écriture, la main de Dieu est sur.... signifie le châtiment infligé par la colère divine.
Sens 12
Être que de, être de, être à la place de ; ne se dit qu'avec les conjonctions si ou quand. Quand je serais de vous, je ne le ferais pas davantage.
Sens 13
Impersonnellement. Il est, c'est-à-dire il y a, on trouve. Il est des hommes que la résistance anime. Est-il puissance capable de contraindre la volonté ?
Un coquin s'il en est, un coquin s'il en fut, se dit pour exprimer qu'un homme est aussi coquin qu'il est possible.
Des grammairiens ont demandé s'il fallait écrire s'il en fut ou s'il en fût. Le verbe n'est pas au subjonctif, comme on le voit quand le verbe est un présent.
Il est en.... de, il est au pouvoir de....
Il n'est pas en moi de faire telle chose, je n'ai pas le pouvoir de faire telle chose, ou bien mon caractère ne me le permet pas.
Est-il, signifiant il est certain, ne s'emploie que dans des phrases construites ainsi : toujours est-il, or est-il. Vous soutenez cet homme, toujours est-il qu'il a commis une mauvaise action.
Il n'est rien de si beau que...., nulle chose n'est aussi belle que....
Il est midi, une heure, trois heures, c'est-à-dire l'heure actuelle est midi, une heure, trois heures. Quelle heure est-il ? à l'heure qu'il est.
Il est jour, il est nuit, il fait jour, il fait nuit.
Il n'est que lundi, mardi, etc. nous ne sommes encore qu'à lundi, mardi.
Ce qu'il peut être, autant qu'il peut être.
Il n'est que telle chose, c'est-à-dire il n'est rien de tel que, cela seul convient.
Il n'est que de.... c'est-à-dire le mieux est de.... Il n'est que de prendre les choses comme elles viennent.
Il n'est que de.... signifie aussi : en fait de choses dont il s'agit, la meilleure vient de. Il n'est pommes que de Normandie. Il n'est pruneaux que de Tours.
Il n'est pas que.... avec ne, et le verbe suivant au subjonctif, il n'est pas supposable que....
Sens 14
Être, construit avec ce antécédent, voy. pour les règles de cette construction CE, à l'article et aux remarques.
Ce se rapportant à une personne, à une chose, à une action déjà déterminée. C'est ce que je désirais. C'est bon. C'est vrai.
Ce se rapportant à une personne, à une chose, à une action indiquée seulement dans la suite de la phrase. C'est moi qui l'ai dit.
C'est.... que, avec un substantif. C'est une plate composition que cette comédie, cette comédie est une plate composition.
C'est.... que, avec un infinitif.
Est-ce que, se dit pour interroger.
C'est à vous de.... il vous appartient de.... C'est à vous à.... il vous appartient de.
Ce n'est pas que.... avec l'indicatif, signifie après tout.
On aura le même sens avec le subjonctif précédé de ne. Ce n'est pas qu'il ne faille quelquefois pardonner...
Ce n'est pas que, avec le subjonctif, signifie aussi : on ne doit pas dire, prétendre à cause de cela. Ce n'est pas qu'il faille renoncer au monde.
Ce que c'est que de.... , à quoi aboutit.... , voilà le sort.
Voilà ce que c'est, voilà en quoi consiste la chose, voilà ce dont il s'agit ; et aussi quelquefois : la chose est faite maintenant comme il convient.
C'est-à-dire, voy. DIRE.
Sens 15
Soit ! expression elliptique d'assentiment. Vous le voulez ; soit ! j'irai avec vous.
Ainsi soit-il ! formule qui termine certaines prières.
Expression de souhait.
Elliptiquement. Soit fait selon votre volonté, c'est-à-dire qu'il soit fait.... Entre nous soit dit.
Soit, conjonction, voy. SOIT.
Sens 16
Elliptiquement. N'était, n'eût été, si ce n'était, si ce n'eût été. N'était, n'eût été que je suis votre ami. N'était l'amitié que j'ai pour vous.
Fût-il.... quand même il serait....
Ne fût-ce.... que, quand ce ne serait que....
Sens 17
Cela étant, vu que la chose est ainsi.
Étant ou en étant, dans une construction absolue, c'est-à-dire ne se rapportant ni au sujet ni au régime de la phrase.
Étant se rapportant au régime.
Sens 18
Être s'emploie comme auxiliaire des verbes passifs (en ses temps simples et composés : je suis aimé, j'ai été aimé), et d'un grand nombre de verbes neutres (seulement en ses temps simples : je suis venu, j'étais venu. Cependant on pourrait dire : Il devait venir quand j'aurais été parti). Cicéron fut exilé de Rome. Le pont a été emporté par la débâcle. Il est sorti d'Abraham. Ils sont tous morts. Je vous aurais trouvé si je fusse venu à temps.
Il est aussi auxiliaire dans tous les verbes réfléchis, directs ou indirects, mais seulement avec ses temps simples. Il s'est emparé de la ville. Elle s'est cassé le bras. Ils se sont blessés en jouant.
Sens 19
Être se dit pour aller, quand on est allé dans un lieu et qu'on en est revenu ; ce qui fait voir qu'en ce sens être a d'abord gardé sa signification naturelle ; il est allé à Rome exprime simplement qu'il a fait le voyage de Rome, sans dire s'il est de retour ; il a été à Rome exprime qu'il est revenu ; être pour aller ne s'emploie qu'aux temps passés : je fus, j'ai été, j'aurai été, j'aurais été, je fusse, ayant été.
C'est abusivement qu'on emploie être pour aller en d'autres circonstances ; cependant, dans l'usage vulgaire, on se sert souvent de je fus et j'ai été au sens d'aller avec un infinitif suivant ; et on en trouve des exemples dans d'excellents auteurs et dans de très anciens textes.
PROVERBES
On ne peut pas être et avoir été, on ne peut être vieux et jeune tout ensemble.
Il faut être tout un ou tout autre, il faut avoir une conduite, une manière de penser décidée.
REMARQUE
1. Être se conjugue avec l'auxiliaire avoir : J'ai été, et non je suis été ; ce que dit l'italien : io sono stato ; italianisme qui au XVIe siècle essaya de se glisser.
2. Ce furent mes soeurs qui y allèrent. L'euphonie fait admettre le singulier dans les locutions interrogatives : Fut-ce mes soeurs qui le firent ?
3. Les constructions du verbe être suivant que le sujet est au singulier ou le complément au pluriel, et vice versa, présentent de l'embarras. Il y a trois cas : 1er cas. Un sujet au singulier avec un complément au pluriel, et le verbe au singulier. Cette construction ne fait pas difficulté. 2e cas. Un sujet au singulier, avec un complément au pluriel, et le verbe au pluriel. Cette construction est archaïque, et aujourd'hui, dans des cas pareils, on met de préférence le verbe au singulier. 3e cas. Un sujet au pluriel, avec un complément au singulier et le verbe au singulier. Ici deux ans, quatre ou cinq mille écus sont considérés chacun comme un chiffre unique, et le sens entraîne avec soi d'une façon naturelle la construction du verbe au singulier.
4. L'Académie remarque à propos du verbe être que les grammairiens (et il vaudrait mieux mettre : quelques grammairiens) l'appellent verbe substantif. Cela est vrai ; mais il aurait fallu ajouter : 1° qu'ils lui donnent ce nom par opposition à tous les autres verbes, qu'ils nomment verbes adjectifs ; 2° que, dans tous les cas, ces deux dénominations sont fort mauvaises, puisque substantif et adjectif désignent deux espèces de mots, et verbe une troisième ; et que le rapprochement de ces mots contradictoires n'a absolument aucun sens ; 3° que Dumarsais, considérant que tout verbe se résout dans le verbe être suivi de son participe présent, appelait être le verbe simple ou absolu, et tous les autres des verbes composés ; 4° que ces mots entraînaient une confusion, puisque, à un autre point de vue, mettre est un verbe simple, et admettre, commettre, etc. des verbes composés ; 5° que Beauzée a trouvé le véritable nom en appelant être le verbe abstrait ; et alors tous les autres verbes sont concrets, comme réunissant au sens du verbe être celui de leur participe ; ou attributifs, parce que ce participe commence l'attribut dans la proposition où ils entrent.
HISTORIQUE IXe s.
Xe s.
XIe s.
XIIe s.
XIIIe s.
XIVe s.
XVe s.
XVIe s.
ÉTYMOLOGIE
Bourguign. Être ; Berry, je seus, je suis ; provenç. esser ; catal. esser, ser ; espagn. et portug. ser ; ital. essere ; d'une forme latine barbare essere, pour esse, être, du radical es ou as, qui fait aussi, dans l'allemand ist, et dans le sanscrit asmi, le verbe abstrait. Le verbe être est formé de trois verbes latins différents : 1° esse, qui a donné l'infinitif estre, le présent je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont, le subjonctif je sois, le futur je serai, le conditionnel je serais ; 2° fuo, qui a donné le prétérit je fus et le subjonctif je fusse (voy. FUS, pour l'étymologie) ; 3° stare, qui a donné l'imparfait j'estois, le participe présent estant, et le participe passé esté (voy. le verbe ESTER). D'après Vaugelas, qu'il soit, qu'ils soient se prononçait sait, saient ; c'est une prononciation usitée encore en Normandie. L'ancienne langue, à côté de l'imparfait estoie, avait un autre imparfait ere ou iere qui représente le latin eram, et, à côté du futur serai, elle avait un autre futur ere ou iere qui représente le latin ero. Dans le latin barbare esse-re, re provient d'une assimilation faite mal à propos avec les verbes en ere (le 1er e étant un e bref) ; car déjà, dans es-se, se représente ce re.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. ÊTRE. Ajoutez :
Sens 20
Être, avoir été, à l'infinitif, pris substantivement.
5. Vous n'étiez pas encore quand.... se dit pour signifier : Vous n'étiez pas encore né quand.... (voy. au Dictionnaire ÊTRE 1, au num. 2). J. J. Rousseau a étendu cette locution au présent avec emploi affirmatif. L'envie et la haine sont maintenant contre moi à leur comble ; elles diminueront.... alors, si je suis encore, vous me servirez et l'on vous écoutera, Lett. à Moultou, 22 juin 1762. Cela est moins conforme à l'usage, mais se comprend et est correct.
Ajoutez : L'imparfait j'estois est dit provenir du latin stabam ; c'est une erreur qu'il faut corriger, d'après ce qui est dit dans l'Hist. de la langue franç. t. II, p. 201 : " J'estois, tu estois, il estoit a été tiré, sans contestation aucune, de stabam, stabas, stabat ; en effet la dérivation est correcte, et il ne serait possible d'élever aucun doute, sans le dialecte normand, qui offre, si je puis user de ce terme, un réactif plus délicat et qui fait apparaître le véritable élément. Le verbe stare est de la première conjugaison ; par conséquent, son imparfait, que l'on suppose être devenu celui du verbe être, confondu, il est vrai, dans les autres dialectes sous une forme commune, s'en dégagerait dans le dialecte normand, et ferait je estoe, tu estoes, il estot. Or il n'en est rien, et cet imparfait du verbe être y est toujours je esteie, tu esteies, il esteit, désinences caractéristiques des autres conjugaisons et ici, en particulier, de la troisième. Je esteie ou je estoie, suivant les dialectes, est imparfait régulier de l'infinitif étre, verbe de la troisième conjugaison et dérivé d'un bas-latin estere, qui prévalut dans les Gaules, au lieu de essere (pour le changement de ss en st comp. l'anc. franç. tistre, de tessere, dit pour texere). Le verbe stare a son représentant qui fait à l'infinitif ester et à l'imparfait, dans les autres dialectes, je estoies, tu estoies, il estoit, mais dans le normand je estoe, tu estoes, il estot, aussi distinct ici, par la forme que par le sens, de l'imparfait du verbe substantif. "
> ÊTRE
Prononciation : ê-tr'
s. m.
Sens 1
État, existence, qualité de ce qui est.
L'être suprême de Dieu, son existence suprême.
Le non-être, le néant, l'anéantissement.
Sens 2
Ce qui est.
Être suprême, l'être au-dessus de tout.
Absolument, l'être suprême, Dieu.
Le grand être, Dieu.
Être des êtres, Dieu.
Dans l'être suprême, l'être des êtres, le grand être, l'être souverain, qui, pris absolument, signifient Dieu, on met un E majuscule. Quand être suprême n'est pas pris absolument, l'e est minuscule.
Terme de métaphysique. La science de l'être, ou ontologie, étude de l'être en soi, de l'être absolu, indépendamment de toutes les propriétés qui le déterminent.
Sens 3
Tout ce qui existe, considéré comme ayant l'existence d'une façon quelconque. Les êtres de la nature. L'ensemble des êtres vivants.
Dans le langage philosophique. Il ne faut pas multiplier les êtres, il ne faut pas supposer des êtres qui n'existent point.
Être pensant, l'être qui est doué de la pensée.
Les êtres intelligents, tout ce qui est doué d'intelligence, et, en particulier, l'homme.
Être de raison, ce qui n'existe que dans l'imagination.
Sens 4
Une personne. Un pauvre petit être, un enfant malade, souffrant.
Personne, avec une signification de dénigrement. Quel être insupportable ! Quel être vil et méprisable !
Sens 5
Vie, naissance.
Sens 6
Ce qui constitue la nature, le fond d'une chose.
Ce qui constitue le caractère d'un être vivant, et, en particulier, la personnalité d'un homme.
Un nouvel être, nouveaux sentiments, nouvelles forces, nouvelles ardeurs. J'ai pris un nouvel être.
Sens 7
La réalité.
Existence, importance, en parlant des choses.
Sens 8
Manière d'être, condition, position dans le monde.
Être représentatif, qualité de représentant, d'ambassadeur.
Sens 9
S. m. plur. Les êtres, voy. ÊTRES.
HISTORIQUE
XIIe s.
XIIIe s.
XIVe s.
XVe s.
XVIe s.
ÉTYMOLOGIE
Être 1.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. ÊTRE. Ajoutez : - REM. J. J. Rousseau a dit : encore en être, pour : encore existant.
3

Anagrammes de être

Nombre de lettres :