Sens
1Raison qu'on allègue pour se disculper ou pour disculper un autre. Excuse valable. Mauvaise excuse. Se confondre en excuses.
Citation : Quand nous pouvons couvrir d'excuses nos défauts
,
RÉGNIER ,
Sat. XIV
Citation : Bien que je sache au vrai tes façons et tes ruses, J'ai tant et si longtemps excusé tes excuses....
,
RÉGNIER ,
Élég. II
Citation : S'il [Boileau] a cherché quelquefois des excuses sur la rime, ç'a été pour porter des coups plus violents, comme quand il dit....
,
FURETIÈRE ,
3e factum, t. I, p. 322
Citation : M. Bayle, j'ai reçu vos excuses, et j'ai bien voulu vous témoigner par la présente que j'en suis satisfaite
,
BAYLE ,
Lettres (Lett. de la reine Christine, 14 déc. 1686).
Fig.
Citation : Votre amour fait ma faute, il fera mon excuse
,
CORN. ,
Pomp. IV, 3
Citation : Leur incrédulité n'a plus d'excuse
,
BOSSUET ,
Hist. II, 10
Citation : Mais votre amour n'a plus d'excuse légitime
,
RAC. ,
Iphig. I, 5
Citation : Mon coeur n'a pour excuse aucune illusion
,
VOLT. ,
Brutus, IV, 3
Citation : Cette triste vertu l'excuse des ingrats
,
VOLT. ,
Adélaïde, IV, 5
Citation : Ce tort affreux n'avait nulle excuse
,
GENLIS ,
Mme de Maintenon, t. II, p. 210, dans POUGENS
Sens
3Excuse, se dit du motif qui empêche un juré de siéger. Le président ne trouva pas son excuse valable.
Motif légal pour se dispenser d'une charge imposée par la loi. Il [le tuteur nommé] devra sur-le-champ.... proposer ses excuses, sur lesquelles le conseil de famille délibérera, C. Napol. art. 438.
Circonstance qui, de plein droit, diminue la gravité d'un crime et par suite atténue la peine.
Se dit, dans un sens analogue, du motif qui empêche un écolier de venir à la classe. L'enfant apporta une excuse écrite par le répétiteur.
Sens
4Formule de politesse. Faire excuse à quelqu'un, le prier qu'il excuse.
Citation : Quoi ! tu faisais excuse à qui m'osait braver
,
CORN. ,
Nic. I, 4
Citation : Pour vous, je ne veux point, monsieur, vous faire excuse
,
MOL. ,
Éc. des maris, III, 10
Citation : Je lui fis excuse d'avoir mal pris son sentiment
,
PASC. ,
Prov. 1
Citation : Il m'écrit en me faisant des excuses de la liberté
,
SÉV. ,
470
Citation : Je lui fis mille excuses de l'avoir fait attendre
,
HAMILT. ,
Gramm. 9
Faire excuse de quelque chose, s'en excuser, s'en disculper.
Citation : Et l'état où je suis ne saurait consentir Que j'en fasse une excuse ou montre un repentir
,
CORN. ,
Tois. d'or, III, 3
Citation : Oui, je l'aime, Sévère, et n'en fais point d'excuse
,
CORN. ,
Poly. II, 2
Citation : Ne m'oblige point à faire les excuses de ta froideur [à l'excuser]
,
MOL. ,
Princ. d'Él. II, 4
Familièrement. Faire excuse, faire bien excuse, s'emploie pour contredire. Il n'est pas encore venu ? - Je vous fais excuse, il est arrivé depuis une heure.
Dans le même sens, mais populairement. Faites excuse, il est arrivé.
Faire des excuses à quelqu'un, lui témoigner le regret que l'on a de l'avoir offensé, gêné ou contrarié. Il lui fit des excuses de son emportement, et l'affaire n'eut pas de suite.
Citation : Toute excuse est honteuse aux esprits généreux
,
CORN. ,
Cid, III, 3
Exiger des excuses, demander une réparation, par excuse, d'une offense dont nous avons été victimes.
Faire ses excuses, se dit par politesse, quand on manque à quelque devoir de société ou qu'on refuse poliment quelque invitation. Je ne puis me rendre à ce bal ; je ferai mes excuses.
Citation : Faites-lui mon excuse
,
ROTROU ,
Vencesl. II, 5
Citation : J'ai fait mes excuses à Mme de Coulanges
,
SÉV. ,
481
Citation : Il lui dit qu'il ferait ses excuses à la compagnie
,
HAMILT. ,
Gramm. 4
Recevoir les excuses de quelqu'un, se déclarer satisfait de la politesse qu'il a faite en s'excusant.
Citation : Sa maîtresse voulut bien recevoir ses excuses
,
HAMILT. ,
Gramm. 4