Dictionnaire de L'académie française (8 ème édition)
> HÉBÉTER v. tr. Rendre stupide. La trop grande rudesse des maîtres est capable d'hébéter les enfants, de leur hébéter l'esprit. L'ivrognerie l'a tout hébété.
Le participe passé HÉBÉTÉ, ÉE, est aussi nom et signifie Celui qui est hébété. Il parle, il agit comme un hébété.
Prononciation :
é-bé-té. La syllabe bé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : il hébète, excepté au futur et au conditionnel : j'hébéterai, j'hébéterais
v. a.
Sens
1 Rendre obtus, émoussé, en parlant de l'esprit, des sens, par comparaison à un tranchant qu'on émousse.
Citation : Les esprits ont dégénéré dans l'Inde ; probablement le gouvernement tartare les a hébétés
,
VOLT. ,
Moeurs, 3
Citation : La fade galanterie n'a point hébété ta raison
,
J. J. ROUSS. ,
Hél. II, 11
Sens
2 S'hébéter, v. réfl. Devenir hébété.
Citation : Le remède est de s'hébéter, de ne point penser
,
SÉV. ,
543
HISTORIQUE
XVIe s.
Citation : L'accoustumance hebete nos sens
,
MONT. ,
I, 106
Citation : Il est un sot, son goust est mousse et hebesté
,
MONT. ,
I, 329
Citation : La vieillesse, ou bien la grandeur de ses malheurs, luy avoient troublé le sens et hebeté le sentiment de douleur
,
AMYOT ,
les Gracques, 55
ÉTYMOLOGIE
Lat. hebetare, de hebes, émoussé.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
HÉBÉTER. Ajoutez :
Sens
3 Rendre insensible.
Citation : C'est de cette façon que se passent les gouttes [la goutte]..., quand elles ont hébété la partie malade, à force de la tourmenter
,
MALH. ,
Lexique, éd. L. Lalanne.
Ajoutez :
XIVe s.
Citation : Mes sens de oelx [yeux] et de oreilles sont hebetez
,
BERCHEURE ,
f° 103, verso.