Sens
4La langue considérée comme organe de la parole.
Citation : Il le servit enfin, mais ce fut de la langue
,
CORN. ,
Pomp. I, 1
Citation : Je vous l'ai déjà dit, votre langue nous perd
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CORN. ,
Héracl. II, 4
Citation : Que ne sait point ourdir une langue traîtresse ?
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LA FONT. ,
Fabl. III, 6
Citation : Je supplie avant tout les dieux de m'assister ; Fassent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris
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LA FONT. ,
ib. XI, 7
Citation : Disant que la langue est la pire chose qui soit au monde ; c'est la mère de tous les débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres
,
LA FONT. ,
Vie d'Ésope.
Citation : Tudieu ! comme avec lui votre langue cajole !
,
MOL. ,
Éc. des f. V, 4
Citation : Ma langue, en cet endroit, A fait un pas de clerc dont elle s'aperçoit
,
MOL. ,
le Dép. I, 4
Citation : L'on voudrait avoir cent langues pour le faire connaître [l'amour qu'on ressent]
,
PASC. ,
Pass. de l'amour.
Citation : L'éloquence de la chaire n'est pas propre au récit des combats et des batailles ; la langue d'un prêtre destinée à louer Jésus-Christ le sauveur des hommes, ne doit pas être employée à parler d'un art qui tend à leur destruction
,
FLÉCH. ,
Turenne.
Citation : Combien de fois arrêta-t-elle par autorité le coup mortel qu'une langue cruelle allait porter à l'honneur ou à la fortune d'une famille !
,
FLÉCH. ,
Dauph.
Citation : Et, dès le premier mot, ma langue embarrassée Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée
,
RAC. ,
Bérén. II, 2
Citation : Ah ! c'est trop le livrer à des langues perfides
,
RAC. ,
Phèdre, V, 3
Citation : Sa fureur [de la calomnie], de sang avide, Poursuit partout l'innocent ; Rois, prenez soin de l'absent Contre sa langue homicide
,
RAC. ,
Esth. III, 3
Citation : On a bien raison de dire qu'une des grâces les plus signalées que Dieu puisse accorder aux rois, est de les délivrer de la langue des flatteurs et du silence des gens de bien
,
ROLLIN ,
Hist. anc. Oeuv. t. VIII, p. 17, dans POUGENS
Citation : Il n'en est pas un seul qui ait conservé sa langue pure et ses lèvres innocentes
,
MASS. ,
Carême, Médisance.
Citation : La langue, dit un apôtre, est un feu dévorant
,
MASS. ,
ib.
Citation : Mais de ces langues diffamantes Dieu saura venger l'innocent
,
J. B. ROUSS. ,
Odes, I, 4
Citation : Sa langue, dont le ciel tolère l'insolence, N'a pas langui dix ans dans un morne silence
,
C. DELAV. ,
Paria, II, 2
On dit d'un babillard qu'il n'aura pas de langue pour la moitié de sa vie.
Avoir la langue grasse, avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r.
Familièrement. Avoir la langue bien pendue, avoir une grande facilité de parler.
Citation : Tant sa langue était bien pendue !
,
SCARRON ,
Virg. VIII
Citation : Il arrive tant d'accidents aux femmes en couche, et vous avez la langue si bien pendue, à ce que me dit M. de Grignan, qu'il me faut pour le moins neuf jours de bonne santé pour me faire partir joyeusement
,
SÉV. ,
101
Avoir la langue bien affilée, avoir beaucoup de babil.
Fig. Être sujet aux langues, être exposé aux jugements, aux médisances.
Citation : Ainsi les actions aux langues sont sujettes
,
RÉGNIER ,
Sat. V
Dénouer la langue, couper le filet de la langue, opération qui donne plus de facilité pour parler à ceux que le filet gêne.
Fig. Dénouer, délier la langue à quelqu'un, faire rompre le silence à quelqu'un qui voulait le garder.
Citation : Voici, Sans marchander, de quoi te délier la langue
,
MOL. ,
le Dép. I, 4
Citation : Non, pour louer un roi que tout le monde loue, Ma langue n'attend pas que l'argent la dénoue
,
BOILEAU ,
Sat. IX.
Avoir la langue liée, n'oser parler de quelqu'un ou de quelque chose.
Familièrement. La langue lui va toujours, cette personne babille continuellement.
Tenir sa langue, se taire.
Citation : Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais...
,
P. L. COUR. ,
2e lettre particulière.
Il a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne saurait garder un secret.
Citation : C'est avoir bien de la langue que de ne pouvoir se taire de ses propres affaires
,
MOL. ,
Fourber. III, 4°.
Avoir bien de la langue, signifie aussi tenir des discours hardis.
Par exclamation. Quelle langue ! c'est-à-dire quel bavard ! quelle bavarde !
Il a la langue dorée, c'est une langue dorée, c'est-à-dire sa parole est facile, élégante, propre à séduire, surtout par des promesses favorables en quelque genre que ce soit.
Citation : Elle a converti son docteur, cette fine langue dorée
,
BEAUMARCH. ,
Mar. de Fig. IV, 1
N'avoir point de langue, parler très peu, ou, quand on devrait parler, garder le silence.
Être maître, n'être pas maître de sa langue, savoir, ne pas savoir se taire.
Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, dire des choses qu'il faudrait taire.
Citation : Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire ; De ce que je dirais je ne répondrais pas, Et je me jetterais cent choses sur les bras
,
MOL. ,
Mis. V, 1
Avoir une grande volubilité de langue, parler avec une grande rapidité.
La langue lui a fourché, il a lâché une parole pour une autre.
Familièrement. Avoir un mot sur la langue, sur le bout de langue, sur le bord de la langue, croire qu'on va trouver dire un mot qu'on cherche et qui échappe.
Citation : J'avais ça sur le bord de la langue, et je l'ai oublié en chemin
,
VADÉ ,
Nicaise, SC. 10
C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de serpent, une langue de vipère, c'est-à-dire c'est une personne qui aime à dire du mal, des médisances, des calomnies.
Citation : Langue de serpent, fertile en impostures
,
MOL. ,
l'Ét. III, 4
Citation : Vous serez assailli par ces langues de serpent que votre complaisance a comme aiguisées contre les autres
,
FLÉCH. ,
Serm. I, 278
Citation : Oh ! dame, il y a de méchantes langues dans notre village, voyez-vous ?
,
DANCOURT ,
l'Opéra de village, SC. 8
On dit dans un sens analogue une langue empoisonnée.
Citation : Il [le monde] a pour eux [les justes] des yeux plus censeurs et une langue plus empoisonnée
,
MASS. ,
Carême, Médisance.
On dit même quelquefois langue, absolument, pour mauvaise langue.
Citation : Dorine : Il [Tartuffe] passe pour un saint dans votre fantaisie ; Tout son fait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie. - Mme Pernelle : Voyez la langue
,
MOL. ,
Tartuffe, I, 1
Coup de langue, médisance ou mauvais rapport que l'on fait.
Citation : Le coup de verge fait une meurtrissure ; mais un coup de langue brise les os
,
SACI ,
Bible, Ecclésiastiq. XXVIII, 21
Citation : Ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant
,
MOL. ,
Impromptu, 1
Citation : Voilà pas le coup de langue ?
,
MOL. ,
Bourg. gent. III, 12
Fig. et familièrement. Donner du plat de la langue, faire de belles promesses qu'on n'a pas dessein d'exécuter.
Faire merveilles du plat de la langue, chercher à étourdir par de grandes phrases.
Faire la langue à quelqu'un, lui faire la leçon, lui suggérer ce qu'il doit dire.
Prendre langue, aller aux renseignements, s'informer.
Citation : Voilà avec elle un coquin de valet qui est l'espion de la mère ; retirez-vous et me laissez prendre langue
,
DANCOURT ,
l'Opérateur, sc. 6
Citation : Je le connaissais fort, et pris langue avec lui du détail de ce que j'avais à faire
,
SAINT-SIMON ,
102, 85
Citation : Je m'embarquai dans la chaloupe du bâtiment avec le capitaine, pour aller prendre langue à terre
,
CHATEAUBR. ,
Itin. part. I
La contradiction des langues, les jugements divers que les hommes portent des mêmes choses.
Citation : Ah ! regardez plutôt la contradiction des langues et la diversité bizarre des jugements humains
,
MASS. ,
Carême, Resp. hum.
e parler d'une nation. Apprendre sa langue par principes. Parler une langue étrangère. Vous savez donc l'hébreu ? - L'hébreu ? parfaitement.
Citation : J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement
,
CORN. ,
le Ment. IV, 3
Citation : Tous les hommes, de quelque nation, de quelque tribu et de quelque langue qu'ils fussent, adorèrent la statue d'or que Nabuchodonosor avait dressée
,
SACI ,
Bible, Daniel, III, 7
Citation : Pauline est trop heureuse, ma chère enfant, d'être votre secrétaire.... elle apprend la langue française, que la plupart des femmes ne savent pas
,
SÉV. ,
1er juin 1689
Citation : Ces audiences où elle recevait les ambassadeurs, entrant dans les intérêts de chacun et parlant à chacun sa langue
,
FLÉCH. ,
Dauphine.
Citation : Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée....
,
BOILEAU ,
Art p. I
Citation : L'on ne peut guères charger l'enfance de la connaissance de trop de langues
,
LA BRUY. ,
XIV
Citation : L'intelligence des langues sert comme d'introduction à toutes les sciences
,
ROLLIN ,
Traité des Ét. liv. I, p. 1
Citation : On comptait dans ses troupes jusqu'à vingt-deux nations de vingt-deux langues différentes que Mithridate parlait toutes avec facilité
,
ROLLIN ,
Hist. anc. t. X, p. 131, dans POUGENS
Citation : C'est, comme on vous a dit, ce maître italien Qui vient montrer sa langue
,
REGNARD ,
le Distr. III, 3
Citation : Ne croyons pas que notre langue soit l'ouvrage de l'ignorance ou du hasard ; elle a ses principes, et qui sont très uniformes, dès le temps de François 1er
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D'OLIVET ,
Rem. Racine, § 9
Citation : Le fameux docteur Swift forma le dessein, dans les dernières années du règne de la reine Anne, d'établir une académie pour la langue, à l'exemple de l'Académie française
,
VOLT. ,
Dict. phil. Société royale.
Citation : Quand on a un nombre suffisant d'auteurs approuvés, la langue est fixée
,
VOLT. ,
ib. Langues.
Citation : Notre langue se parle à Vienne, à Berlin, à Stockholm, à Copenhague, à Moscou ; elle est la langue de l'Europe ; mais c'est grâce à nos bons livres, et non à la régularité de notre idiome
,
VOLT. ,
Lett. Guyot, 7 août 1767
Citation : Notre langue et nos belles-lettres ont fait plus de conquêtes que Charlemagne
,
VOLT. ,
Lett. Mme Denis, 24 août 1750
Citation : C'est le peuple qui a fait les langues ; c'est au philosophe à découvrir l'origine des choses
,
DIDER. ,
Rech. phil. sur le beau, Oeuv. t. II, p. 461
Citation : La langue française règne dans la prose ; si ce n'est pas le langage des dieux, c'est celui de la raison et de la vérité
,
RAYNAL ,
Hist. phil. XIX, 12
Citation : C'est Charles-Quint qui a dit qu'un homme qui sait quatre langues vaut quatre hommes
,
STAËL ,
Corinne, VII, 1
Citation : En déliant la langue [grecque] du rhythme poétique, Hécatée, Hérodote lui conservèrent les formes de la poésie, les expressions et les mots hors du dialecte commun
,
P. L. COUR. ,
Hérodote, Préface du traducteur
Don des langues, grâce que Dieu fait à un homme lors qu'il lui donne, par miracle et sans étude, la connaissance et l'usage d'une langue.
Langue mère ou matrice, celle qui a servi à en former d'autres ; et, par opposition, langue dérivée, celle qui est formée d'une autre. Le latin est une langue mère par rapport au français, et le français est une langue dérivée. L'hébreu paraît une langue mère dans le domaine syno-arabe. Une langue aryenne primitive à laquelle on ne remonte que conjecturalement et par induction, serait la langue mère du sanscrit, du zend, du grec, du latin, etc.
Citation : Nos mères et les langues dites mères ont beaucoup de ressemblance ; les unes et les autres ont des enfants qui se marient dans le pays voisin, et qui en altèrent le langage et les moeurs
,
VOLT. ,
Dict. phil. Langues.
Citation : On trouva dans le Canada trois langues mères, l'algonquine, la siouse et la huronne ; on jugea que ces langues étaient primitives, parce qu'elles renfermaient chacune un grand nombre de ces mots imitatifs qui peignent les choses par le son
,
RAYNAL ,
Hist. phil. XV, 4
Langue mère, dite beaucoup mieux langue primitive, langue unique que l'on suppose avoir été la mère de toutes les autres. Les langues mères au sens relatif existent réellement ; une langue mère au sens absolu est une pure hypothèse.
Citation : Plusieurs rabbins prétendent que la langue mère était le samaritain ; quelques autres ont assuré que c'était le bas-breton ; dans cette incertitude, on peut fort bien, sans offenser les habitants de Quimper et de Samarie, n'admettre aucune langue mère
,
VOLT. ,
Dict. phil. ABC.
Langue primitive ou originelle, se dit aussi de celle qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre.
Langues soeurs, langues que l'on considère comme dérivées d'une même langue mère. Les langues néo-latines sont soeurs.
Langue morte, celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres. Le latin, l'hébreu sont des langues mortes. Les dictionnaires d'une langue morte ne la présentent qu'en partie, parce que ceux qui les compilent ne sauraient où prendre une infinité de mots qui ont aussi proprement appartenu à cette langue que les mots qui nous en sont encore connus, Préf. du Dict. de FURETIÈRE.
Par opposition, langue vivante, celle qu'un peuple parle actuellement.
Langue vulgaire, se dit de tous les idiomes modernes, par opposition aux langues anciennes ou savantes.
La langue d'oc, l'ancienne langue qui se parlait au delà de la Loire, dont se sont servis les troubadours, que l'on connaît sous le nom de provençal, et que dans le temps on appelait plus ordinairement langue limousine (oc veut dire oui).
Langue d'oïl (oïl veut dire oui) ou langue d'oui, l'ancien français, la langue française avant le XVe siècle, celle dans laquelle ont écrit les trouvères.
La langue de si (si veut dire oui), l'italien.
Langues orientales, langues parlées en Asie, surtout celles de la partie de l'Asie qui est la plus voisine de l'Europe.
Jeunes de langue, jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir drogmans.
La langue sainte, la langue hébraïque.
Langues du Nord, les langues germaniques et slaves, par opposition aux langues du Midi, qui sont dérivées du latin.
Langue naturelle ou maternelle, celle du pays où l'on est né, par opposition à langue étrangère, celle d'un autre pays.
Langue nationale, celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à langue étrangère.
Langue sacrée, toute langue dans laquelle sont écrits les livres qu'on regarde comme inspirés par la Divinité.
Langues synthétiques ou concrètes, celles qui rendent les indications grammaticales par des terminaisons variables. Langues analytiques, celles qui expriment chaque idée, chaque rapport grammatical par un mot distinct.
Langue écrite, langue pourvue d'un alphabet et dans laquelle on a composé des livres. Les langues des sauvages ne sont pas des langues écrites.
Langue écrite, langue littéraire, la partie la plus cultivée d'une langue, celle qui figure seule dans les bons écrivains.
Langue philosophique, langue où l'on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées.
Langue universelle, dite aussi langue philosophique, langue qui serait commune à tous les peuples.
Citation : Il [Leibnitz] conçut le projet d'une langue philosophique qui mît en société toutes les nations
,
DIDER. ,
Opin. des anc. phil. (Leibnitzianisme).
Maître de langue, celui qui enseigne une langue vivante.
Fig. Platon, poëte, s'il en fût, Platon qui n'aimait pas le peuple, l'appelle son maître de langue, P. L. COURIER, Hérodote, Préface du traducteur.